La sérotonine et la joie de vivre

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La sérotonine est un des principaux neuromodulateurs du système nerveux central.

La sérotonine, encore appelée 5-hydroxy-tryptamine (5-HT), est une molécule issue du tryptophane, un acide aminé. Elle a d’abord été identifiée comme étant le facteur libéré par les plaquettes sanguines entraînant une contraction des vaisseaux sanguins, mais elle est aussi un des principaux neuromodulateurs du système nerveux central.

Synthèse

La sérotonine est fabriquée à partir du tryptophane, un acide aminé qui est apporté au cerveau par la circulation sanguine entre autres. Certains neurones du noyau du raphé, situé au sein du tronc cérébral, transforment le tryptophane en 5-hydroxytryptophane (5-HTP) grâce à une enzyme, la tryptophane hydroxylase. Le 5-hydroxytryptophane est ensuite converti en sérotonine par une autre enzyme, la L-amino acid décarboxylase (AADC).

Mode d’action

Les neurones du raphé dorsal sont connectés à la plupart des régions du système nerveux central (cerveau, tronc cérébral, moelle épinière). La sérotonine est libérée dans des synapses et se lie à des récepteurs localisés sur la membrane de l’élément post-synaptique. Par l’intermédiaire de leurs axones, les neurones du noyau du raphé libèrent la sérotonine sur d’autres neurones du système nerveux central, et en se liant à des récepteurs spécifiques, modulent leurs propriétés électriques.
La sérotonine agit en se liant à des récepteurs spécifiques situés dans la membrane des cellules cibles. Les quinze types de récepteurs de la sérotonine se répartissent en sept groupes différents (notés 5-HT1 à 5-HT7). À l’exception des récepteurs 5-HT3 qui sont ionotropes, les récepteurs à la sérotonine sont de type métabotrope (c’est-à-dire qu’ils agissent sur des protéines G).

  • Le 5-HT2A, abondant dans le cerveau, est suspecté de jouer un rôle dans l’anxiété provoquée par les choix cornéliens de la vie quotidienne.

Rôles physiologiques de la sérotonine

On trouve la sérotonine dans le cerveau, où elle joue le rôle de neurotransmetteur ou de neuromédiateur, et dans le système digestif. Elle est impliquée dans la régulation de fonctions telles que la thermorégulation, les comportements alimentaires et sexuels, le cycle veille-sommeil, la douleur, l’anxiété ou le contrôle moteur. Plus récemment, des chercheurs du CNRS ont découvert que la sérotonine de la mère jouait un rôle important dans le développement de l’embryon[1]. De même, selon une étude récente[2], un déséquilibre de sérotonine expliquerait 50% des cas de mort subite du nourrisson.
L’activité des neurones du raphé est liée au cycle veille-sommeil. Au cours du sommeil, les neurones du raphé sont silencieux et ne libèrent donc pas de sérotonine. Lorsque le sujet est éveillé, les neurones du raphé produisent des potentiels d’action à intervalles très réguliers. La fréquence des influx nerveux est corrélée à l’activité motrice, ce qui suggère que la quantité de sérotonine libérée dans le système nerveux central est augmentée avec l’activité motrice.
Comme la sérotonine joue un rôle important dans les changements d’état émotionnel, on pense que certaines molécules analogues à la sérotonine peuvent modifier ces états émotionnels. Les inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine (des substances qui bloquent la recapture de la sérotonine, par exemple la fluoxétine) réduisent les symptômes liés à la dépression ou aux troubles obsessionnels compulsifs.
Un excès de sérotonine au niveau cérébral, consécutif à la prise de ces médicaments antidépresseurs, peut entraîner un syndrome sérotoninergique.
La pratique régulière d’un sport augmente la sécrétion naturelle de sérotonine.

Syndrome sérotoninergique

Le syndrome sérotoninergique est dû à un excès de sérotonine au niveau cérébral et survient à la suite d’un traitement antidépresseur. Il réalise un tableau clinique associant rigidité musculaire, agitation, myoclonies, hyperréflexie, troubles du comportement, hyperthermie. Les complications peuvent être sévères avec convulsion, coma, choc et coagulation intravasculaire disséminée. Le diagnostic est difficile à porter car aucun symptôme n’est spécifique et les diagnostics différentiels sont nombreux. Le traitement est symptômatique, avec recours possible au dantrolène et à la curarisation.

Influence de la sérotonine

La sérotonine influence de très nombreuses régions du corps et de l’esprit. Via l’hypothalamus, elle est liée au sexe, à la température, à la faim et à la soif. Via les amygdales, la sérotonine influence nos émotions de façon importante. Sous l’influence d’une substance inhibitrice de la sérotonine, nous sommes particulièrement sensibles à la douleur. A l’inverse, la douleur est fortement contenue par injection de sérotonine dans la moëlle épinière. L’effet de l’antidépresseur Prozac repose sur une augmentation de la quantité de sérotonine disponible par l’inhibition de la réabsorption. Il procure une sensation de détente et peut donc aussi avoir un effet soporifique. Il en va de même pour la drogue qu’est l’Ecstacy, qui provoque une émission explosive de sérotonine. Le LSD se combine avec un récepteur destiné à la sérotonine et empêche ainsi son effet. Le corps a besoin du nutriment essentiel qu’est la tryptophane pour produire de la sérotonine, de sorte que manger trop peu peut conduire à des états dépressifs par manque de sérotonine. La sérotonine est aussi liée à la migraine.

L’aspartame, l’édulcorant utilisé dans Diet Coke et bien d’autres produits à basses calories, réduirait la production de sérotonine et conduirait donc à la dépression.

Des concentrations trop élevées de sérotonine peuvent déboucher sur de l’agitation et des problèmes de concentration.

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