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  • Bernard Jean 13 h 33 mi le 27 August 2010 Permalien | Réponse
    Tags : Andalousie, Espagne, Marinaleda, village   

    Marinaleda, un village andalou 


    Origine du texte ICI >>>

    Marinaleda est une commune d’Espagne, dans la province de Sévillecommunauté autonome d’Andalousie. Son fonctionnement est pensé comme une globalité.

    «Avineda de la libertad», «calle Ernesto che Guevara», «Plaza Salvador Allende», «Paz, Pan y Trabajo», « Apaga la TV, enciende tu mente»«Una Utopia hacia la Paz» etc. ce sont là les noms de rues, de places et des slogans d’un village andalou non loin de Cordoba et de Sévilla que le visiteur étranger découvre au bout d’une route sinueuse au milieu des champs d’oliviers, de blé coupé et grillé par le soleil.

    L’artère principale de la petite ville de près de 3 000 habitants mène tout droit à la mairie (Ayuntamiento) dirigée par Juan Manuel Sánchez Gordilloqui a gagné toutes les élections à une large majorité et ce depuis plus de trente ans.

    Juan Manuel est un homme simple qui reçoit les visiteurs dans son bureau, où trône un grand portrait d’Ernesto Che Guevara, spontanément et naturellement sans rendez-vous ni protocole aucun. Il n’hésite pas à quitter son bureau pour montrer les maisons blanches situées juste en face de la mairie et construites collectivement par les habitants eux-mêmes sur des terres offertes quasi gratuitement (15,52 euros par mois) par la commune. Celle-ci met également à leur disposition l’aide d’un architecte et d’un chef de chantier. La région, elle, apporte le gros matériel de construction. Promoteurs immobiliers, spéculateurs et autres parasites n’ont pas leur place ici. Le logement cesse ainsi d’être une marchandise et devient un droit.

    Juan Manuel parle avec enthousiasme et fierté des nombreuses réalisations des habitants de sa commune, chiffres et graphiques à l’appui.

    Le barman du café «La Oficina», qui se trouve un peu plus loin de la mairie, nuance quelque peu les propos du maire mais confirme, pour l’essentiel, les avancées sociales de la ville notamment l’octroi des terres pour celles et ceux qui ont besoin d’un logement, préoccupation première des espagnols. Il confirme également l’absence totale de la police, symbole de la répression étatique.En effet, les habitants n’éprouvent aucun besoin de recourir à ses «services». Ici les problèmes de criminalité, de délinquance, de vandalisme etc. sont absents. Ils pensent gérer et régler eux-mêmes les problèmes qui peuvent éventuellement surgir entre eux. En tout cas depuis le départ à la retraite du dernier policier, ils n’ont pas jugé utile de le remplacer.

    En face de « La Oficina» se dresse un bâtiment sur lequel on peut lire «Sindicato de obreros del campo» et « Casa de cultura». Mais cette grande salle fait également office de café, bar et restaurant. C’est un lieu d’échanges, de débats, de fête et de convivialité. C’est là aussi que se retrouvent, dès l’aube, les travailleurs agricoles pour un petit déjeuner collectif avant de partir ensemble pour une journée de travail de 6h30 dans les champs d’«El Humoso» à 11 kilomètres du village.

    Cette terre andalouse, travaillée collectivement aujourd’hui, est témoin d’un passé chargé de tant d’actions, d’occupations, de manifestations, de grèves, de marches et de procès devant les tribunaux. Et c’est grâce à cette lutte très dure et réellement populaire que cette terre (1 200 hectares) fut arrachée à un aristocrate de la région, le Duc de l’Infantado. Dans cette Andalousie profonde les femmes, malgré les pesanteurs sociales et les préjugés, ont joué un rôle déterminant dans ce combat pour que la terre appartienne à celles et ceux qui la travaillent.

    Aujourd’hui «ces terres ne sont la propriété de personne sinon de toute la communauté de travailleurs» comme le disent les habitants du village.

    Mais pour ces ouvriers, il ne s’agit pas seulement de récupérer les terres, mais aussi de construire «un projet collectif dont l’un des objectifs est la création d’emplois et la réalisation de la justice sociale».

    C’est ainsi qu’est nél’ensemble des coopératives qui produisent et distribuent une série de produits agricoles de grande qualité exigeant en même temps une main-d’œuvre abondante: huile d’olive, conserves d’artichauts, de poivrons rouges, de fèves etc. Les producteurs directs de ces richesses travaillent du lundi au samedi pour une rémunération journalière de 47 euros et ce quelque soit leur poste et leur statut. Ici il n’ y a ni patron, ni actionnaires, ni dividendes à distribuer. Le surplus dégagé est réinjecté dans l’entreprise commune dans l’espoir de créer davantage d’emplois et permettre ainsi à tout le monde de travailler conformément à leur projet collectif. Ils tentent de mettre l’économie au service de l’homme et non au service du profit. Le chômage, ici, est quasi inexistant alors qu’il dépasse les 25 % de la population active en Andalousie et 20 % dans toute l’Espagne!

    A «El Humoso», les ouvrières et les ouvriers parlent avec une certaine émotion de leur coopérative, de leur travail, de leurs produits, de la solidarité et de la convivialité qui règnent entre eux. Mais, ils évoquent également leur crainte de voir leur unité se fissurer à cause de leurs ennemis qu’ils pensent nombreux dans la région voire dans toute l’Espagne. Il se dégage de leurs récits beaucoup de conviction et beaucoup d’humanité.

    Manolo, un ouvrier de la coopérative, parle avec affection, comme s’il s’agissait d’une personne, de la machine à extraire de l’huile d’olive dont il s’occupe. Il n’hésite pas à expliquer son fonctionnement, l’entretien qu’elle nécessite etc. à tous les visiteurs. Il parle également avec respect de son compagnon de lutte, le maire Juan Manuel qu’il considère comme «el ultimo», le dernier, à ses yeux, de cette catégorie d’hommes capables de relever un tel défi et de confondre dans un même mouvement pensée et pratique. Manolo évoque aussi la vie d’ascète que mène l’édile du village, les arrestations et les tracasseries judiciaires qu’il a subies et l’attentat auquel il a échappé. Manolo invite avec insistance le visiteur à revenir à la coopérative au mois de décembre ou janvier pour admirer le travail d’extraction de l’huile d’olives.

    Mais au village il n’ y a ni hôtel, ni hostal pour un éventuel séjour. Toutefois la municipalité met gracieusement des pavillons à la disposition des visiteurs qui peuvent également, s’ils le désirent, partager le logement de quelques habitants pour une somme symbolique comme chez Antonio dans l’avenue principale de la petite ville. Antonio accueille chaleureusement ses hôtes avec qui il aime parler de l’originalité de son village et semble heureux d’y vivre: «pour l’instant, disait-il, nous vivons en harmonie ici».

    Vivent également en «harmonie» avec les habitants du village, les travailleurs immigrés eux aussi embauchés à la coopérative d’ «El Humoso». Selon les dires du barman du local syndical ces hommes et ces femmes font partie intégrante de la communauté des travailleurs et participent comme les autres aux décisions prises dans les assemblées générales. En effet ces fameuses assemblées se tiennent dans une grande salle attelée au local syndical où traînent à côté des chaises blanches en plastique tout sorte de vaisselle et de couverts stockés là probablement en attente d’une prochaine fête populaire. La salle est également ornée d’un immense et splendide tableau sur lequel on peut voir des hommes et des femmes en lignes serrées précédés de deux hommes et d’une femme portant un enfant dans ses bras, tous marchent vers la même direction. «Aujourd’hui à 20h30, assemblée générale au local syndical», c’est par ce message, diffusé inlassablement par une camionnette qui sillonne toutes les rues de la petite ville, que les habitants sont conviés au rassemblement pour décider de leurs affaires.

    Ils organisent également ce qu’ils appellent les «dimanches rouges» où des volontaires se chargent gratuitement, entre autres, de nettoyer et d’embellir leur commune: entretien des allées et jardin publics, plantation d’arbres etc. La petite ville est non seulement l’une des plus sûre mais aussi la plus propre de la région!

    Le village est relativement riche en équipements collectifs comparativement aux communes avoisinantes. Les habitants peuvent se baigner durant toute la saison estivale dans la piscine municipale pour la modique somme de trois euros. La garderie pour enfants ne leur coûte que 12 euros par mois repas compris. Le complexe sportif «Ernesto Che Guevara», bien entretenu,leur permet de pratiquer plusieurs sports comme par exemple le football, le tennis ou encore l’athlétisme.

    Durant l’été, les habitants assistent régulièrement à la projection de films en plein air dans le parc naturel. Débats, conférences, films et soutien aux peuples opprimés notamment ceux qui sont injustement privés de leur territoire font partie de la vie culturelle et politique du village. Juan Manuel porte souvent d’ailleurs, ostensiblement, l’écharpe palestinienne!

    Le sport, la culture, les fêtes etc. sont des droits ouverts à tous comme le travail et le logement. Le développement tant matériel qu’intellectuel de chaque individu reste, ici, la condition du développement de tous.

    Allez donc à Marinaleda voir et vérifier la réalité de cette «utopie». Allez à la rencontre de ces hommes et de ces femmes admirables qui ont réussi grâce à leur travail au jour le jour et à leurs convictions à construire , dans un océan d’injustices, de malheurs et d’asservissement, une société différente. Le capitalisme par ses crises à répétition et le danger qu’il représente pour l’homme et la nature n’a pas d’avenir. L’exemple concret et réussi de Marinaleda montre qu’une autre société est possible.

    Mohamed Belaali

    Pour plus d’informations >>>

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  • Bernard Jean 14 h 09 mi le 13 April 2010 Permalien | Réponse
    Tags : , , , , , , village   

    Tournée de Pierre Rabhi au Québec 


    Conférences publiques du 22 au 28 avril 2010

    http://www.decroissance.qc.ca/node/276

    Le Mouvement Québécois pour une Décroissance Conviviale (MQDC) est heureux de vous annoncer la venue de Pierre Rabhi en terre québécoise. Le MQDC, conjointement avec ses partenaires, vous invite à consulter l’itinéraire de Pierre Rabhi et à venir assister en grand nombre à ses nombreuses activités. Des membres du mouvement seront également présents pour vous rencontrer à notre kiosque à chacun de ces évènements.

    Pierre Rabhi : paysan, écologiste, expert des Nations Unies pour les questions alimentaires et auteur du « Manifeste pour la terre et l’humanisme ».

    Venez l’entendre et discuter avec lui d’agroécologie, de sobriété heureuse ou d’insurrection des consciences. Consultez quelques documents développant ses idées.

    Programme de la tournée

    Le programme détaillé de la tournée de Pierre Rabhi est proposé au format PDF; vous y trouverez notamment les adresses et les conditions d’inscription. Vous pouvez également consulter notre Agenda.

    Jeudi 22/04
    Muséums nature : Jardin botanique de Montréal
    19h30, dans le cadre du Jour de la Terre, conférence Réconcilier l’humain et la nature

    Vendredi 23/04
    Centre culturel St John à Bromont
    12h30, dans le cadre du colloque Peut-on changer de société sans changer d’éducation (12h à 16h30), conférence Quels enfants laisserons-nous à la planète ?

    MQDC de Sherbrooke
    19h, conférence Pour une alternative globale : la sobriété heureuse
    Merci de diffuser l’affiche de la conférence au format vertical ou horizontal

    Samedi 24/04
    MQDC et Forum social du Saguenay (Chicoutimi)
    17h, conférence Pour une alternative globale : la sobriété heureuse

    Lundi 26/04
    L’association étudiante VIA AGRO ÉCOLOGIE de l’Université Laval et Les AmiEs de la Terre
    12h30 à 13h30, conférence L’agroécologie : au-delà des techniques, l’humain

    Musée de la Civilisation (Québec)
    19h30,conférence Pour une alternative globale : La sobriété heureuse

    Mardi 27/04
    St-Eugène (Drummondville) : Union paysanne
    13h, conférence Agriculture et écologie : au-delà des techniques, l’humain

    Mercredi 28/04
    MQDC et les Muséums nature : Jardin botanique de Montréal
    19h30, conférence Penser et vivre autrement


    Un village bio et social


    Niché au sommet d’une falaise en Ardèche, le Hameau des Buis est une expérience très écologique et peut-être encore plus sociale. Sous la houlette de Sophie Rabhi, fille du philosophe et spécialiste de l’agriculture bio Pierre Rabhi, un village est en train d’être construit autour d’une école Montessori, essentiellement par des bénévoles venus là s’initier à la construction bioclimatique et à la vie en communauté.

    Retiré à deux kilomètres plus haut sur la colline, le penseur du « retour à la terre », Pierre Rabhi, peaufine son prochain livre sur le thème de la « sobriété heureuse ».

    La Chronique sans carbone débarque dans ce lieu où charpentiers, mystiques, électriciens, contemplatifs et autres écolos mangent leurs plats végétariens à la même table, ou presque, du poulet étant sacrifié une fois par semaine pour les irréductibles travailleurs carnivores (rappel : manger un steak équivaut à parcourir 10 kilomètres en voiture en termes d’émissions de gaz à effet de serre).

     
  • Bernard Jean 16 h 03 mi le 17 November 2009 Permalien | Réponse
    Tags : , , communauté, , village   

    Le Hameau des Buis 


    fleurOrigine de l’image >>

    Voir la vidéo :

    Niché au sommet d’une falaise en Ardèche, le Hameau des Buis est une expérience très écologique et peut-être encore plus sociale. Sous la houlette de Sophie Rabhi, fille du philosophe et spécialiste de l’agriculture bio Pierre Rabhi, un village est en train d’être construit autour d’une école Montessori, essentiellement par des bénévoles venus là s’initier à la construction bioclimatique et à la vie en communauté.

    Retiré à deux kilomètres plus haut sur la colline, le penseur du « retour à la terre », Pierre Rabhi, peaufine son prochain livre sur le thème de la « sobriété heureuse ».

    La Chronique sans carbone débarque dans ce lieu où charpentiers, mystiques, électriciens, contemplatifs et autres écolos mangent leurs plats végétariens à la même table, ou presque, du poulet étant sacrifié une fois par semaine pour les irréductibles travailleurs carnivores (rappel : manger un steak équivaut à parcourir 10 kilomètres en voiture en termes d’émissions de gaz à effet de serre).

     
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