Tagué: oser Activer/désactiver les fils de commentaires | Raccourcis clavier

  • Bernard Jean 11 h 30 mi le 20 March 2014 Permalien | Réponse
    Tags : oser   

    Ose ! 


    Oser, identifier et dépasser ses peurs … indispensable pour aller de l’avant. Y compris pour se lancer dans une démarche d’innovation.
    Un exemple puissant et esthétique.

    Publicités
     
  • Bernard Jean 16 h 46 mi le 15 September 2010 Permalien | Réponse
    Tags : affirmer, , dire, doute, , oser,   

    S’affirmer et oser dire non 


    Résumé du livre de Christel PETITCOLLIN

    Beaucoup de gens se plaignent de leur incapacité à s’affirmer, à dire « non » et de toutes les conséquences négatives que cela a dans leur vie privée comme dans leur vie professionnelle : sensation de ne pas être entendu et respecté, diminution de l’estime de soi (« j’ai été lâche » ou « je me suis encore fait avoir »), aigreur, découragement et même problèmes de poids, eh oui ! Oser dire non, cela s’apprend et cela consiste essentiellement à sortir du cercle infernal : Doute, peur, culpabilité. Comment ? En clarifiant son esprit sur ce qui est acceptable et inacceptable. Plus les limites sont définies avec précision, plus elles sont faciles à poser. En explorant ses peurs pour les dépasser : Ce sont souvent des peurs de décevoir, d’être rejeté, de ne plus être aimé ou des peurs de féroces représailles… Et en apprenant à utiliser les techniques de communication qui permettent d’être calme et affirmé, de faire respecter ses droits tout en étant respectueux des droits d’autrui. Les outils proposés dans ce livre sont simples et efficaces. Ils vous permettront d’apprendre à dire « non », de plus en plus facilement, car ce sont les premiers « non » qui sont les plus difficiles à prononcer. Mais réalisez surtout, vous qui croyez ne pas savoir dire « non », que vous savez en fait très bien le dire mais que vous ne l’avez dit jusqu’à présent qu’à une seule personne: vous-même !

    Apprendre à dire non

    Par Robert Brisebois, auteur et conférencier

    Origine du texte >>> ICI

    S’affirmer sans agressivité et sans se sentir coupables ensuite, voilà le vrai défi à relever pour apprendre à dire non et à être cohérents dans nos refus. Mais ce n’est pas toujours facile.

    Tout individu a vécu, à un moment ou l’autre, une situation où il s’avérait difficile de dire non. Que ce soit à un collègue de travail, à un parent ou même à son conjoint, dire non peut engendrer une situation où celui qui a exprimé ce refus sentira qu’il risque de perdre l’estime ou l’affection de la personne vers qui ce refus est dirigé. Si vous êtes de ceux et celles qui ont peine à dire non, voici des petits trucs qui vous seront fort utiles.

    1- La véritable conséquence du «non»

    Outre le fait que la personne qui essuie un refus sera déçue, interrogez-vous sur les véritables conséquences de votre refus.

    «Mon fils arrivait toujours à brûle-pourpoint pour me demander de garder ses enfants, raconte Françoise. Mais moi, j’avais généralement autre chose de prévu à ce moment-là. Je disais oui pour ne pas lui faire de peine, mais ça me causait bien des ennuis, car je devais alors annuler mes activités, ce qui ne plaisait pas du tout aux personnes avec qui j’avais planifié ces activités. De plus, comme j’étais fâchée de me faire imposer les enfants, j’étais bourrue, ce qui ne faisait pas de moi la plus agréable des gardiennes. Puis, un jour, j’ai dit non. Au lieu de se fâcher ou d’être déçu, Carl m’a simplement dit que ce n’était pas grave et qu’il emmènerait les enfants pour une fois. J’ai réalisé ensuite que Carl croyait me faire plaisir en me confiant ses enfants. Il ne voyait pas à quel point ma vie de retraitée est remplie et m’imaginait comme une grand-maman qui n’a rien d’autre à faire que d’attendre qu’on vienne lui demander un petit service.»

    Bref, les conséquences préméditées, soit la colère du fils et le désagrément pour lui de devoir magasiner avec ses enfants, ne se sont pas concrétisées. Au contraire, ce «non» a permis au fils de Françoise de découvrir une facette de la vie de sa mère dont il n’avait pas pris conscience. Se passer en second est souvent la conséquence d’un «oui» forcé. Or, croyant faire plaisir, la personne qui agit ainsi envoie aux autres une image d’elle qui laisse supposer qu’elle a une valeur moindre que celle qu’elle a vraiment, ce qui peut avoir des conséquences néfastes sur la relation entre la personne qui demande et celle qui accepte à reculons.

    2- Transformer son «non» en «oui, mais…»

    Parfois, la pression imposée pour que jaillisse une réponse positive est très forte. Dans ces occasions, la personne a de la difficulté à affirmer son refus, car elle perçoit l’importance que révèle la demande de celui qui l’a exprimée. Un non pourrait signifier que l’action demandée n’a pas autant de valeur aux yeux de celui qui la refuse qu’elle en a pour celui qui exprime cette demande. Par crainte de voir s’assombrir la relation, la personne qui a de la difficulté à dire «non» se fera encore prendre au piège.

    C’était le cas de Marie-Claude qui travaillait depuis peu dans un important bureau d’ingénieurs. L’associé principal venait fréquemment lui demander d’assister à des réunions non prévues à l’agenda et qui se tenaient généralement après les heures de bureau. Or Marie-Claude, en plus d’être ingénieure, était d’abord la mère de deux enfants. Pour elle, comme pour de nombreux parents, l’heure du souper et les travaux scolaires de soirée sont des moments cruciaux pour la vie de famille. Les réunions impromptues de 17h00 avaient donc des conséquences fâcheuses pour elle, son mari et ses enfants. Mais comment dire non? Son patron croirait-il qu’elle ne trouvait pas ces réunions assez importantes? Laisserait-elle l’impression d’être une femme qui n’a pas à coeur son travail?

    «Parfois les choses se font toutes seules, explique Marie-Claude. Un soir, j’étais devant l’ascenseur, la mallette à la main quand mon patron me demanda de me joindre à lui et trois autres collègues pour une affaire de dernière minute. Je ne sais pas pourquoi c’est sorti à ce moment-là, mais je lui ai répondu: « J’aimerais bien assister à votre réunion, mais les enfants m’attendent pour le souper et les devoirs, et c’est important que je sois là ». Il m’a regardé un petit moment, comme s’il cherchait quelque chose dans sa tête. Puis, il a souri: ‘‘Bien sûr, me dit-il. J’avais complètement oublié que vous aviez des enfants. Il y a longtemps que les miens ont quitté la maison. Alors, disons demain au petit déjeuner? » Je l’ai regardé à mon tour, ne sachant que répondre et il a ajouté: « C’est vrai, les enfants, ça déjeune aussi! Bon alors, on remet la réunion à demain dès l’ouverture du bureau. Ça va comme ça? » »

    Marie-Claude a simplement proposé un délai. «Oui, je veux bien, mais pas tout de suite.» De cette façon, elle ne risquait pas de mettre en cause ce qui avait de la valeur pour l’autre, tout en affirmant ce qui avait de la valeur pour elle. Ce «Oui, mais…» provoque souvent une situation dans laquelle tout le monde est gagnant et où personne ne se sent attaqué ou dévalorisé.

    3- «Toi, à ma place… »

    La personne qui s’attend invariablement à un «oui» a beaucoup de difficulté à se mettre à la place de l’autre. Elle voit ses préoccupations comme primordiales et oublie que l’autre n’est pas un outil qu’on peut sortir d’un sac quand on en a besoin. Il est donc nécessaire de les ramener à la réalité. Pour ce faire, rien de mieux que de s’enquérir auprès de ce demandeur insistant: «Et toi, à ma place… »

    Jessica avait un rendez-vous avec un jeune homme qu’elle trouvait absolument craquant. Elle avait usé de tous ses charmes pendant plusieurs semaines pour arriver à attirer son attention. Maintenant, c’était chose faite, il l’avait invitée à aller faire de la moto avec lui. Pendant qu’elle met une dernière touche à sa coiffure, elle reçoit un appel de détresse de la part de son amie Gabrielle. Celle-ci vient d’avoir une dispute avec son amoureux et elle est en larmes. Elle réclame la présence de sa grande amie pour la consoler et lui demande de venir la rejoindre chez elle tout de suite. Comment dire non à son amie en pleurs? D’un autre côté, comment annoncer le changement de programme à Sébastien sans avoir l’air d’une folle qui ne sait pas ce qu’elle veut? Jessica était vraiment déchirée entre la loyauté envers son amie et le désir de vivre un après-midi romantique avec le gars le plus «hot» qu’elle ait rencontré à ce jour.

    « Comme je ne savais vraiment plus quoi faire, j’ai expliqué à Gab ce qui m’arrivait avec Sébastien. Puis je lui ai demandé: ‘‘À ma place, qu’est-ce que tu ferais? » Sans hésiter, elle m’a répondu qu’elle courrait rejoindre Sébastien, que j’étais la plus chanceuse des filles et qu’il ne fallait pas s’inquiéter pour elle, car elle n’était qu’une grande braillarde qui fait des drames avec des riens. Puis elle m’a fait promettre de tout lui raconter à mon retour.»

    Le «À ma place, tu ferais quoi?» oblige la personne à qui on pose la question à voir la réalité de l’autre. C’est généralement efficace.

    Les personnes qui ont de la difficulté à dire non manquent généralement d’un peu de confiance, ce qui les pousse à ne pas s’affirmer. Mais l’amour d’autrui est en grande partie basé sur le respect. Alors celui qui se respecte, qui s’affirme, donne des raisons de plus aux autres de l’aimer. Après tout, le respect n’attire-t-il pas le respect? Et n’allez pas répondre non à cela.

     
  • Bernard Jean 14 h 08 mi le 12 December 2009 Permalien | Réponse
    Tags : , oser   

    Je ne sais pas dire non, ni m’affirmer 


    Origine de l’image >>

    Travailler l’assertivité sans blesser et sans irriter l’autre

    1 déc. 2009 Emilie Pécheul

    Je ne sais rien refuser, je ne sais pas m’imposer… les « bonnes poires »ne disent jamais non, mais à être trop bon… comment apprendre à s’affirmer ? Méthode simple

    Dans nos sociétés, malheureusement, dire « non », c’est bien souvent sous-entendre « je ne t’aime pas ». C’est un raccourci malheureux qui piège de nombreuses personnes. Faites-vous partie de ces personnes qui ne parviennent jamais à dire non ?

    La valeur positive du « non »
    Dire « non » quand on pense « non », c’est une simple marque de respect, respect de soi, respect de l’autre. Manipulation, séduction, agressivité, domination, autant de comportements qui exercent des pressions sur la possibilité que nous avons de dire « non ». Mais chez une personne trop serviable, le non a une autre valeur : c’est une monnaie d’échange affective. Ces personnes sont intimement persuadées que si elles disent « non », elles risquent la rupture de la relation. Et elles sont prêtes à maintenir la relation avec l’autre à tout prix…

    Le prix réel de l’incapacité à dire « non » : cela coute cher
    Soyons honnête : lorsque nous disons « oui » tout en pensant « non » intérieurement, au bout de combien de temps les récriminations internes surgissent en nous ? Que ce « oui » nous ait été extorqué par la force, la séduction, la crainte, en général, très rapidement, le ressentiment et la colère surgissent en nous.

    Or ce ressentiment peut se retourner sur nous-mêmes par des comportements auto-destructeurs (auto-sabotage, boulimie, détérioration de l’estime de soi, auto-accusations, renforcement des comportements victimaires et sentiment de se faire exploiter alors que l’on permet à l’autre de nous exploiter…) ou se retourner contre d’autres personnes en dehors de la relation malsaine qui ne nous a pas permis de poser un « non » : le résultat est toujours négatif, pour nous et pour les autres.

    Quelles sont nos peurs : qu’est-ce que je risque vraiment si je dis « non » ?
    Pour dénouer ce jeu malsain qui nous empêche de dire « non », nous pouvons analyser nos peurs et nos croyances à ce sujet. De quoi avons-nous vraiment peur, que peut-il se passer si nous disons « non » ? Peur du conflit ? Peur de blesser ? Peur de ne plus être aimé ? Peur de révéler une faiblesse ? Peur de perdre l’autre ? Peur de se retrouver seul ? Peur d’être jugé « méchant » ? Nous voyons que ces peurs peuvent être profondément enracinées et toucher à l’identité même.

    Savoir poser des limites dans la relation à l’autre
    N’oublions pas un principe de base : le « non » ne porte pas sur la personne, mais sur sa demande ! Mais justement : poser des limites, c’est respecter son identité et aider l’autre à respecter mon identité (et la sienne !) S’autoriser à dire non, c’est pourtant poser des limites qui sont nécessaires à la relation. De quoi avons-nous besoin pour nous autoriser à dire «non » ? La plupart de nos craintes ne se réalisent jamais… et les personnes qui essaient de dire « non » sont souvent surprises de constater que leurs pires scénarios ne se réalisent pas ! Prendre le risque de dire un vrai « non », c’est aussi se donner la possibilité de dire oui. Et c’est finalement très bénéfique pour la relation à nous-mêmes et pour la relation à l’autre.

     
  • Bernard Jean 22 h 10 mi le 5 December 2009 Permalien | Réponse
    Tags : , oser   

    Oser être soi, c’est oser être qui ? 


    Origine de l’image >>

    De la névrose à la quête intérieure
    Par le Dr Christophe Massin

    Christophe Massin, est psychiatre- psychothérapeute. Sa pratique, le lying,
    est inspirée par l’enseignement d’Arnaud Desjardins et de son maître,
    Swami Prajnanpad.

    Chaque fois que nous n’osons pas être nous-même, nous souffrons et c’est, je crois, la souffrance fondamentale, celle qui nous accompagnera jusqu’à nos derniers instants. Pour mieux apaiser cette souffrance et devenir nous-même, deux approches nous sont proposées : voie spirituelle et psychothérapie. Pourtant les buts et les moyens de ces deux démarches diffèrent radicalement. Sont-elles complémentaires ?

    À l’âge de vingt ans, lorsque je me suis mis en quête de réponses à mon mal-être, j’ai préféré instinctivement un enseignement spirituel qui comportait un travail sur l’inconscient à une psychanalyse classique. Pourquoi ? Parmi les personnes que j’accompagne aujourd’hui dans leur thérapie, certaines viennent pour résoudre des difficultés et d’autres, avec le même genre de problèmes, ont en outre une aspiration spirituelle. Où réside la différence entre les deux approches Théoriquement, la distinction est claire. La thérapie permet de mieux fonctionner dans l’amour et dans le travail – un fonctionnement plus harmonieux du moi, conciliant plaisir et réalité. La spiritualité vise à trouver une sérénité indépendante des aléas de la vie, au-delà des préférences du moi. C’est d’ailleurs la définition de la santé en sanskrit : svastha, littéralement “soi” stable.
    Pratiquement, les limites sont beaucoup plus floues, et j’ai souvent observé un passage spontané d’une approche à l’autre, et même une véritable synergie. En cela, je ne partage pas davantage le point de vue de thérapeutes qui tiennent la spiritualité pour une fuite dans l’irréalité, que celui d’enseignants spirituels qui considèrent avec suspicion la thérapie – folie, à leurs yeux, que de se risquer à patauger dans les marécages de l’inconscient…
    Dans les deux cas, on recherche la fin de la souffrance, mais de quelle souffrance s’agit-il et quels sont les moyens mis en œuvre ? Nous commençons une thérapie avec l’espoir de panser nos plaies, de nous délivrer de nos inhibitions ou de répétitions désastreuses, d’affirmer ce que nous sommes, enfin. Nous avons souffert de manques ou de chocs de l’existence que nous n’avons pas su intégrer, et avons tendance à incriminer la vie, les autres ou une part de nous jugée “mauvaise”. Nous attendons du thérapeute écoute et compréhension. Peu à peu, nous découvrons que la source de notre malheur se trouve dans nos jugements, nos exigences et dans les deuils que nous avons refusés. Cette souffrance que l’existence nous a infligée dans l’enfance, nous la perpétuons, adulte, en conservant des réactions infantiles où nous nous croyons toujours impuissants et dépendants, victimes en un mot. Notre moi recouvre peu à peu son unité, assouplit son fonctionnement, prend confiance en ses ressources et peut enfin assouvir ses désirs véritables. La joie apparaît et un bonheur plus durable naît de ces accomplissements. Pourtant, au terme de cette démarche, certains se sentent encore insatisfaits, il manque quelque chose d’indéfinissable ; ou bien leur vie tarde à prendre le tournant qu’ils escomptaient,ils piétinent… Arrive alors le questionnement existentiel, spirituel : que manque-t-il ?
    l’Absolu ? l’Amour ? Et là intervient le cheminement spirituel qui va examiner notre attitude à chaque instant, avec l’aide compétente d’un maître. Cette présence attentive met en évidence ce qui nous sépare de la vie : l’obstination du moi qui veut la vie à son idée et non telle qu’elle est. Et le chemin consiste à cesser de se fermer, à lâcher la prétention du moi à commander la vie. Le bonheur qui découle de cette pratique inlassable est discret, puis il grandit et devient émerveillement et gratitude lorsque la certitude de n’être séparé de rien s’affirme. Aucun aspect de la vie n’en est exclu. Comme un courant d’eau, il ne fait que se renforcer avec le temps. On comprend progressivement la différence avec le simple bonheur d’un moi plus épanoui, sujet à des revirements dès que la vie se montre plus dure.

    « Le but de la vie est de vivre, et vivre signifie être conscient, joyeusement, jusqu’à l’ébriété – sereinement, divinement conscient. » Henri Miller

    À l’inverse de ceux que la thérapie n’avait pas comblés, nombre de disciples de voies spirituelles se sentent freinés par un moi souffrant, frustré, et auraient besoin d’une thérapie pour se réconcilier avec eux-mêmes comme avec la vie. Sinon, les refus qui les habitent les dominent, malgré leurs efforts sincères : la colère, les désirs réprimés au nom de l’idéal spirituel grondent dans la profondeur, la peur, la tristesse du manque tendent à se projeter sur le maître et ils nourrissent envers lui une dépendance infantile.
    Au mieux, ils “planent” au-dessus des réalités de la vie ; au pire, ils deviennent des proies pour le dogmatisme et le sectarisme, et rien ne changera s’ils n’en passent par un travail sur l’ombre et les désirs. Certes, nous connaissons l’exemple de sages ou de saints qui, après une jeunesse marquée par la souffrance, ont vécu un complet retournement ; pour eux, la force de l’expérience spirituelle a transcendé les disharmonies du moi, sans passer par la thérapie. Chacun aussi a pu rencontrer des hommes “ordinaires” simplement heureux dans leur vie, qui n’ont néanmoins suivi aucune espèce de chemin. Je suis maintenant convaincu qu’hormis ces cas minoritaires, nous avons besoin, pour trouver un bonheur durable – un soi stable -, d’œuvrer à pacifier les blessures de notre ego grâce à la compréhension psychologique, tout en cherchant à dépasser ses limites et ses exigences, par une pratique spirituelle bien incarnée. Sinon, nous risquons fort de rester soumis à une névrose enjolivée de spirituel ou de tourner en rond dans une thérapie sans fin.
    Mais, surtout, l’expérience de la psychothérapie m’a montré à plusieurs reprises qu’en profondeur ces deux approches tendaient à se rejoindre. Lorsqu’une personne touche le fond d’une émotion, qu’elle retrouve de tout son être – corps, cœur et esprit réunis – une souffrance aiguë du passé, il se produit une bascule d’ordre spirituel. Je pense par exemple à certains revécus de naissance, où la terreur panique d’un étouffement mortel, le désespoir sans nom d’une absolue solitude, amène l’être aux confins de l’insupportable. Si, dans cet instant, la personne a le courage de ne pas fuir, le noyau de son ego se fissure, elle dépasse ses limites habituelles et touche dans son intériorité la réalité indestructible de la vie, la paix simultanément à la douleur. Il arrive aussi que la thérapie fasse resurgir des instants privilégiés de l’enfance : le bébé, l’enfant jouit d’une proximité naturelle avec le sacré, expériences du silence, de la lumière, de la nature, de la joie sans cause qui avaient été enfouies en même temps que la souffrance par le refoulement. Ces moments guérissent d’une manière plus radicale qu’une simple compréhension psychologique : le contact avec la vie nous fait percevoir nos tourments comme des manifestations de cette vie, et celle-ci les traverse en demeurant intacte. Son attrait nous encourage à nous y abandonner davantage, nous pousse à nous réaliser, autant à travers notre personnalité que dans la dimension impersonnelle qui nous dépasse. Là, le bonheur devient passion de la vie, pour le meilleur comme pour le plus confrontant…

    À lire : Le Bébé et l’Amour, éd. Aubier.

     
  • Bernard Jean 21 h 00 mi le 5 December 2009 Permalien | Réponse
    Tags : difficile, oser   

    Oser 


    Ce n’est pas parce que les choses sont difficiles que nous n’osons pas. C’est parce que nous n’osons pas qu’elles sont difficiles.

    Sénèque

     
c
créer un nouvel article
j
message/commentaire suivant
k
message/commentaire précédent
r
Réponse
e
Modifier
o
afficher/masquer les commentaires
t
remonter
l
connexion
h
afficher/masquer l'aide
shift + esc
Annuler
%d blogueurs aiment cette page :