Japon

9 heures. De la fumée s’échappe du réacteur 3 de la centrale nucléaire endommagée de Fukushima. Tout le personnel présent est évacué. Il pleut au Nord-est du Japon. Les vents poussent les émanations radioactives de la centrale accidentée vers Tokyo.

Ne pas oublier que le réacteur 3 est chargé avec du combustible MOX :

https://oser.wordpress.com/2011/03/17/alerte-plutonium-fukushima-3-mox-et-intox/

Les médias parlent très peu de ce combustible fabriqué par la France. Le site nucléaire de Fukushima a été chargé pour la première fois en combustible MOX par AREVA en août 2010. Un réacteur qui n’est pas prévu au départ pour ce type de combustible, dans une centrale qui a 40 ans et dont les circuits de refroidissement n’étaient pas en bons états depuis des années.

Le réacteur laisse échapper du plutonium, qui est très dangereux, même à très faibles doses. Le MOX est utilisé dans plusieurs centrales en France.

Le MOX est beaucoup plus difficile à refroidir. Nous n’avons pas depuis 8 jours des informations exactes de ce qui se passe vraiment. Comme il y a plus de 200 projets pour construire de nouvelles centrales nucléaires dans le monde, les conséquences sur ce marché énorme bloquent la vérité.

TRANSPORT DE COMBUSTIBLE MOX D’EUROPE VERS LE JAPON

Sur le site d’AREVA

http://www.areva.com/FR/activites-1391/transport-de-combustible-mox-d-europe-vers-le-japon-les-enjeux.html

Navire de transport de combustible MOX : le Pacific Heron

Les transports de combustible MOX d’Europe vers le Japon constituent une étape décisive dans la mise en œuvre du programme électronucléaire japonais. Ils s’inscrivent, en effet, dans la logique de plus de 170 transports de combustibles usés réalisés entre le Japon et l’Europe et des retours de résidus vitrifiés déjà effectués vers le Japon. D’autres opérations similaires seront organisées à intervalles réguliers dans les prochaines années (environ 1 transport par an).

LE CONTEXTE

Le Japon a depuis longtemps opté en faveur de l’électronucléaire. La politique de recyclage, retenue par ce pays, participe à ce choix. Le Japon a signé des contrats commerciaux avec AREVA NC en France et la Nuclear Decommissioning Authority (NDA) au Royaume-Uni pour le traitement de ses combustibles usés. Le plutonium, récupéré lors de ce traitement, est, en raison de ses importantes qualités énergétiques, réutilisé sous forme de combustible MOX.

Ce combustible est fabriqué en Europe dans des usines dédiées, exploitées par AREVA ou la Nuclear Decommissioning Authority (NDA). En février 1997, le gouvernement japonais, s’est prononcé en faveur de l’utilisation du combustible MOX dans ses réacteurs commerciaux.

Faisant suite à cet engagement, les compagnies japonaises d’électricité ont présenté le programme de chargement en MOX des réacteurs japonais. Ce plan prévoit que 16 à 18 réacteurs fonctionneront avec du MOX.

LE DÉROULEMENT DES OPÉRATIONS

  • Le combustible MOX, fabriqué en Europe et destiné aux compagnies japonaises d’électricité est chargé dans des emballages de transport spécifiques.
  • Ces emballages sont acheminés vers le Japon par voie maritime à bord de navires spécialisés du même type que ceux déjà utilisés pour les transports de combustibles usés et de résidus vitrifiés.
  • Arrivés au Japon, les emballages de transport sont acheminés vers les centrales nucléaires où sera chargé le combustible MOX.

LES ASPECTS TECHNIQUES

Le combustible MOX, combustible nucléaire classique, est constitué d’un mélange d’uranium et de plutonium. La teneur en plutonium varie de 5 à 10 % selon le type de combustible. Depuis les années 60, le MOX est utilisé dans plusieurs pays avec des performances tangibles en termes de rendement énergétique et de sécurité. On compte aujourd’hui 35 réacteurs chargés avec du combustible MOX en Europe.

La première étape du procédé de fabrication du combustible MOX consiste à mélanger de façon homogène des poudres d’uranium et de plutonium. Ce mélange est alors pressé sous forme de pastilles cylindriques qui sont ensuite durcies par cuisson (frittage) à haute température (environ 1700°C) à l’instar du processus de fabrication de la céramique. Les pastilles, ainsi semblables à de la pierre, sont insérées dans des tubes appelés crayons présentant de réelles capacités de résistance à la corrosion. Les crayons sont alors placés dans des structures métalliques pour former des assemblages combustibles MOX.

Ces derniers sont transportés dans des emballages spécifiques adaptés au transport maritime, agréés par les Autorités britanniques, françaises et japonaises. L’emballage TN 12/2, conçu pour assurer la sûreté du transport, pèse près de 100 tonnes, mesure près de 6 mètres de long et plus de 2 mètres de diamètre et peut contenir jusqu’à douze assemblages. Les emballages de transport de combustibles MOX sont similaires dans leur conception à ceux utilisés pour transporter du combustible usé et des résidus vitrifiés. Les transports maritimes de combustible MOX s’effectuent à bord de navires spécialement conçus pour le transport de matières nucléaires.

Les emballages, les navires ainsi que l’organisation logistique de ces opérations obéissent aux exigences les plus rigoureuses des réglementations internationales et nationales applicables, et en particulier celles relatives à la sûreté des transports (recommandations de l’Agence Internationale de l’Energie Atomique et réglementations de l’Organisation Maritime Internationale).

LA PROTECTION PHYSIQUE

En raison de sa nature (présence significative de matières fissiles), le combustible MOX rentre dans la catégorie des matières nucléaires requérant des mesures de protection physique particulièrement rigoureuses. L’organisation du transport de combustible MOX d’Europe vers le Japon intègre des dispositifs de protection physique conséquents destinés à assurer que les navires et leur cargaison sont protégés contre les risques de vols ou de sabotage.

Deux navires armés conçus exclusivement pour ce type de transport, naviguant de conserve, sont utilisés pour le transport du combustible MOX d’Europe vers le Japon. Ils sont équipés de moyens spécifiques de protection et de défense ainsi que d’un système de suivi, de contrôle et de communication sécurisés, multiple et fiable, répondant aux accords internationaux et gouvernementaux qui encadrent ces transports. Une escorte armée assure la sécurité à bord du navire pendant tout le transport.

Certaines de ces dispositions vont parfois au-delà des exigences réglementaires

Ces navires sont également protégés par des forces spécialement entraînées appartenant à la « British Civil Nuclear Constabulary » ou « Police de l’Autorité Nucléaire du Royaume-Uni ».

L’ensemble de ces mesures de protection physique est conforme, voire dépasse, les directives établies par l’Agence Internationale de l’Énergie Atomique pour le transport des matières fissiles et les exigences de l’Accord Etats-Unis-Japon de 1988 sur la Coopération pour l’Utilisation Pacifique de l’Energie Nucléaire.

Le dispositif de protection physique mis en place a été soumis à l’aval du gouvernement américain (agences gouvernementales en charge de la défense, des affaires étrangères, de la marine et du renseignement). Le gouvernement américain a officiellement approuvé le dispositif de protection physique mis en place et l’a notifié aux Autorités japonaises.

POURQUOI DU COMBUSTIBLE MOX EST-IL TRANSPORTÉ DE L’EUROPE VERS LE JAPON ?

Quartier Shibuya à Tokyo

Le Japon, dépourvu de ressources naturelles, a de très importants besoins énergétiques. Ce pays s’est donc engagé dans un vaste programme de développement à long terme d’une industrie électronucléaire.

Cette stratégie inclut la fermeture du cycle du combustible. Ce choix assure une gestion cohérente des combustibles usés et des déchets nucléaires par le traitement des combustibles usés, le conditionnement des déchets ultimes et le recyclage des matières fissiles valorisables : l’uranium et le plutonium.

Dans le cadre de cette stratégie, les compagnies électriques japonaises ont signé des contrats de traitement et de recyclage de leurs combustibles usés avec AREVA en France et la NDA au Royaume-Uni. D’autres pays ont fait le choix du traitement-recyclage : l’Allemagne, la Belgique, les Pays-Bas, la Suisse et l’Italie.

Le plutonium, récupéré lors du traitement, est prêt à être réutilisé dans des réacteurs sous la forme de combustible MOX. L’utilisation du MOX offre de nombreux avantages :

il préserve les ressources naturellles en uranium existantes et sécurise la fourniture d’énergie

il réduit l’impact sur la santé et l’environnement : il permet enfin de réduire le volume et la radiotoxicité des déchets ultimes de haute activité destinés au stockage définitif.

il contribue à la non-prolifération en,réduisant l’inventaire de plutonium.

Les usines de fabrication de combustibles MOX en France et au Royaume-Uni, ainsi que les installations au Japon sont contrôlées par les Autorités nationales et internationales dont EURATOM et l’AIEA.

Au début de l’année 1997, le gouvernement japonais s’est prononcé en faveur de l’utilisation à court terme du combustible MOX dans les réacteurs japonais. Les compagnies japonaises d’électricité ont alors annoncé que 16 à 18 réacteurs seraient « moxés »  Ce combustible MOX destiné au Japon est fabriqué dans des usines situées en Europe. Le combustible MOX est utilisé et fabriqué en Europe depuis plus de 40 ans.

Les Autorités britanniques, françaises, et japonaises se sont officiellement prononcées en faveur du transport de MOX d’Europe vers le Japon. Les Etats-Unis, après un examen minutieux du plan de transport proposé, ont également donné leur accord pour ce transport, notamment sur ses aspects de protection physique. Les Etats-Unis détiennent en effet un droit d’accord préalable à chaque transport pour le transfert du plutonium japonais d’Europe vers le Japon, au titre des Accords Etats-Unis-Euratom et Etats-Unis-Japon (1988) sur la Coopération pour l’Utilisation Pacifique de l’Energie Nucléaire. L’accord américain est exprimé par une « Lettre de Coopération » signée par les plus hautes autorités de ce pays.

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