Alerte Plutonium Fukushima 3 : MOX et INTOX

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NEXT-UP ORGANISATION 16 03 2011

La Tokyo Electric Power Co (TEPCO) est la compagnie d’électricité japonaise qui exploite les sites des centrales nucléaires de Fukushima Daiichi où se sont produites les explosions et le site de Fukushima Daini distant d’une douzaine de kilomètres, l’ensemble totalisant dix réacteurs qui alimentent en électricité Tokyo et sa région.

Ces réacteurs sont à eau bouillante, celle-ci chauffée par la fission des atomes du combustible qui se transforme en vapeur est dirigée directement par un circuit primaire radioactif vers un générateur d’électricité. Cette configuration est totalement différente des Réacteurs dits à Eau Pressurisée (REP) exploités en France qui comportent un circuit secondaire non radioactif avec un échangeur qui alimente la turbine du générateur.

Face à la succession d’évènements catastrophiques d’ordre naturel qui se sont produits au Japon suite aux tremblements de terre et au-delà des drames humain il est fondamental d’aller à l’essentiel, c’est à dire à ce qui pourrait hypothéquer durablement le devenir du vivant sur une zone plus ou moins vaste, voire à l’échelle du Japon et des pays satellites ou pire, un scénario de catastrophe environnementale planétaire jamais égalé.

Malheureusement dans le cas du site nucléaire de Fukushima, la « hiérarchie catastrophe » peut atteindre un paroxysme avec le réacteur 3 de 34 ans d’âge qui a été chargé pour la première fois en combustible MOX fourni par AREVA en août 2010.

Dans le quotidien JAPAN TO DAY du dimanche 22 août 2010

Il était écrit en titre : « La compagnie électrique de Tokyo a chargé en combustible MOX le vieux réacteur de Fukushima » « Tokyo Electric Power Co loaded plutonium-uranium mixed oxide fuel Saturday into a reactor at its nuclear power plant in Fukushima Prefecture in preparation for the largest Japanese utility’s first plutonium-thermal power generation. The No. 3 reactor at the Fukushima No. 1 plant would be the third in Japan to be used for the so-called Pluthermal generation, but the only one among the three to have been subjected to antiaging treatment with 34 years since its launch » « La Tokyo Electric Power Co (TEPCO) a chargé du combustible oxyde mixte de plutonium-uranium (MOX) ce samedi dans un réacteur de sa centrale nucléaire de la région de Fukushima en vue de la plus grande production d’électricité de réaction nucléaire réalisée au plutonium au Japon. « 

Le réacteur du numéro 3 de la centrale N°1 de Fukushima sera le troisième au Japon à passer à la génération dite Pluthermal (Plutonium-Thermique), mais le seul parmi les trois à avoir été soumis à un traitement anti- vieillissement depuis son activation, car il est âgé de 34 ans »

Sous l’article deux commentaires explicites : « . . . l’incompétence au Japon est élevée au niveau maximum, de cette façon elle fait courir un grand danger pour l’humanité » . Le deuxième commentaire était prémonitoire : « Maybe they forgot to tell everyone how they’ve determined there will never be any more earthquakes. Idiots are indeed correct. Likely long-term pain for short term gain »

« Peut être qu’ils devraient dire comment ils ont déterminé qu’il n’y aurait jamais de tremblement de terre. Dire que se sont des idiots est juste. Il y aura probablement des douleurs sur le long terme pour des gains sur le court terme »

Dans un autre article du JAPAN TO DAY daté du 18 septembre 2010

Ayant pour titre : « La production d’électricité Pluthermal (Plutonium-Thermique) commence à la centrale de Fukushima 1 » « Lors de l’activation la compagnie a indiqué qu’elle a eu des difficultés à démarrer le réacteur n ° 3 de la centrale située à Fukushima et a reporté l’activation initialement prévue pour vendredi soir. » « The company said the alarm light indicating the conditions of the pipe valve for the emergency core cooling system did not function properly. »

« La compagnie a déclaré que le voyant d’alarme indiquant des conditions anormales de la vanne de commande des tuyaux pour le système de refroidissement d’urgence ne fonctionnait pas correctement. »

En mars 2011, au vu des événements cette information prend une toute autre dimension.

FUKUSHIMA ALERTE PLUTONIUM

Le MOX, pour « Mixed Oxydes » est un combustible hautement toxique et dangereux composé d’environ 6 à 7 % de dioxyde de plutonium récupéré en « retraitant » du combustible nucléaire usé qui est mélangé à du dioxyde d’uranium neuf appauvri. Le MOX entre plus facilement en fusion que les combustibles classiques, il est utilisé dans 20 des réacteurs du parc nucléaire français.

Le problème majeur est que le plutonium du MOX est très toxique à court et à long terme. En voies aériennes, on estime qu’une quantité de l’ordre d’une dizaine de milligrammes provoque le décès d’une personne ayant inhalé en une seule fois des oxydes de plutonium. La relation dose-effet mise en évidence comporte un seuil d’apparition des tumeurs au poumon pour une dose millésimale, de plus une part importante inhalée passe des poumons au sang qui le diffuse vers d’autres organes (ganglions lymphatiques, foie, etc …), plus ou moins vite selon la taille des particules, pour aboutir aux cancers.

Selon sa composition isotropique il est capable de contaminer des masses considérables d’eau de mer pour plus d’un siècle qui correspond au mieux à sa demi-durée de vie et au pire pour 240 siècles !

Le plutonium qui est produit par le cœur des réacteurs nucléaires sous l’effet du flux de neutrons, fait non seulement partie des éléments présentant une radiotoxicité très élevée, mais tous les isotopes et autres composés issus du plutonium sont aussi classés très toxiques et radioactifs. [Wikipedia Plutonium] Ce qui rend particulièrement dangereux le plutonium est, entre autres, la forte énergie de ses émissions de particules alpha d’une valeur de 5 MeV à comparer au 0,02 MeV du tritium.

D’après les informations de dernière minute le vieux réacteur 3 de Fukushima Dai Ichi est entré partiellement en fusion, un risque de désintégration est une hypothèse qui n’est non pas à exclure, mais dans le domaine du probable. Cela aurait pour conséquence un rejet massif dans l’environnement et dans l’atmosphère de particules hautement radiotoxiques.

Le pire étant que le réacteur 3 avec 784 MW est 1,5 fois plus puissant que le réacteur 1 de 460 MW chargé avec de l’uranium enrichi, ce qui signifie que son chargement en combustible, donc en plutonium, est beaucoup plus conséquent, avec en parallèle une chaleur dégagée à l’arrêt nettement plus importante à gérer.

Mais il y a pire que pire dans un des scénaris possibles avec le réacteur 3 de Fukushima : Le combustible MOX qui est un mélange à un point de fusion nettement plus bas que les autres combustibles dit classiques, en conséquence dans une configuration accidentelle comme actuellement le risque dit de criticité, c’est à dire l’enclenchement d’une réaction nucléaire en chaîne incontrôlable est beaucoup plus important.

D’autres problèmes collatéraux aggravent encore la situation pour « les pompiers de service » qui se sacrifient pour éviter que la cuve ne fonde pas, en effet l’eau mélangée au bore qui sert à atténuer les effets d’échauffement de la radioactivité (absorbe les neutrons) est d’une efficacité moindre avec le MOX.

Coté chiffres, ils sont effrayants, la masse de plutonium présente dans le réacteur 3 du site nucléaire de Fukushima Dai Ichi est considérable, elle se chiffre à plusieurs centaines de kilogrammes, une catastrophe planétaire inégalée créée par l’homme est donc possible pour la première fois dans l’histoire de l’humanité.

Pendant ce temps, même en zappant pas moyen d’y échapper, sur les plateaux de télévision un tandem composé d’un monsieur qui « sait tout » appelé Eric Besson, accompagné par l’inoxydable NKM qui ne sait rien, mais qui parle beaucoup pour ne rien dire, n’évoquent évidemment pas le MOX, mais sont les rois de l’INTOX.

Avec le MOX Français d’AREVA au Japon mieux vaut actuellement adopter un profil bas !

Ce tandem irréel veut rassurer et ressasse à qui veut l’entendre que ce n’est pas la partie nucléaire qui a failli sur les réacteurs de la centrale de Fukushima Dai Ichi, mais les tuyaux, c’est-à-dire les systèmes de refroidissement et de secours inclus à cause du tsunami, cela est hautement inenvisageable en France, etc …

Certaines problématiques des risques issues des catastrophes naturelles majeures sont par essence ingérables, en conséquence gérer une centrale atomique avec un risque zéro est donc impossible : Ce postulat et actualité obligent, les personnes en charge de responsabilités devraient en tirer les conclusions qui s’imposent.

Andréas Heumann, chercheur au CNRS a déclaré : « Le problème avec le nucléaire, c’est que cette technologie n’est pas maîtrisable, on peut arriver à garder le contrôle dans des conditions normales. Mais il y a tellement de situations anormales qui peuvent survenir ».

http://www.next-up.org/Newsoftheworld/2011.php

http://www.next-up.org/Newsoftheworld/Japan.php

Le combustible MOX

http://fr.wikipedia.org/wiki/Combustible_MOX

Le combustible MOX est un combustible nucléaire fabriqué à partir de plutonium et d’uranium appauvri. Le terme MOX est l’abréviation de : « Mélange d’OXydes ». Le combustible MOX contient du dioxyde d’uranium (UO2) et du dioxyde de plutonium (PuO2).

Le combustible MOX est fabriqué à partir du plutonium créé par capture neutronique de l’uranium 238 dans les réacteurs nucléaires et isolé lors du processus de traitement des combustibles irradiés. Ce plutonium est mélangé avec de l’uranium appauvri issu de l’étape d’enrichissement du combustible.

Histoire

Le MOX est apparu vers les années 1960 dans les centres de recherche (la première irradiation connue est celle du réacteur BR3 de Mol (Belgique) en 1964) et fut même testé par les États-Unis qui le rejetèrent le considérant dangereux et peu rentable.

Dans les années 1980, le gouvernement français met en place un programme de combustible nucléaire utilisant le plutonium. EDF signa alors un accord avec la COGEMA pour utiliser du combustible MOX dans certains de ses réacteurs nucléaires, sous la condition que cela soit économiquement intéressant. Pourtant, en 1989, EDF a calculé que l’utilisation du MOX ne serait pas économiquement intéressante. Les coûts additionnels sur 10 ans de l’utilisation du combustible MOX à la place de l’uranium étaient estimés à 2,3 milliards de francs, soit environ 350 millions d’euros. Mais puisque le contrat de traitement était déjà signé avec la COGEMA, EDF décida de poursuivre le programme MOX afin de maintenir l’option de traitement ouverte pour les prochaines générations de réacteurs nucléaires.

L’explication du député français Bataille sur l’origine de l’utilisation du MOX en France est la suivante : « l’échec […] de la filière des surgénérateurs posait le problème de la pertinence du traitement. Pourquoi, en effet, continuer des opérations compliquées et coûteuses s’il n’existe plus de débouché pour les produits issus du recyclage ? Face à cette situation, la France, qui disposait avec les installations de l’usine de retraitement de la Hague d’importantes capacités de traitement, a décidé de se tourner vers une solution alternative : la fabrication du combustible MOX, qui est un mélange de 6 à 7 % de plutonium avec 93 % d’uranium appauvri. »

Production

Le plutonium est un résidu de la fission de l’uranium: l’uranium 238 qui constitue la majeure partie du combutible initial capture des neutrons issus de la fission de l’uranium 235 et forme notamment du plutonium 239 fissible1. Or la fission du plutonium est une des principales source de chaleur dans les réactions de fission1. Lorsque le combustible arrive en fin de vie (le pourcentage d’uranium 235 étant inférieur à 1% du contenu total), environ 1% de plutonium est disponible1. Par séparation chimique, le plutonium est récupéré puis transformé en dioxyde de plutonium avant d’être mélangé avec du dioxyde d’uranium selon le procédé MIMAS2 pour forme le MOX1. L’intérêt du MOX est la possibilité d’utiliser de l’uranium naturel voire de l’uranium appauvri en place du traditionnel uranium enrichi. L’uranium appauvri étant un déchet de la production de l’uranium enrichi ou le résidu des barres de combustible usagé, il est possible de fabriquer du nouveau combustible nucléaire sans nouvel appport en uranium naturel, donc uniquement à partir de déchets de l’industrie nucléaire.

Le Mox contient entre 7-8% de plutonium dont 4-5% fissible1 et permet du coup une diminution de la quantité de plutonium à traiter en tant que déchet. Certaines centrales ont été conçu pour fonctionner avec 100% de MOX et ainsi ne dépendent de l’extraction de l’uranium.

Utilisation en France

Actuellement, l’usine Mélox du site nucléaire de Marcoule dans le Gard produit 140 tonnes de MOX par an.

Sur l’ensemble du parc français, EDF utilise le mélange MOX depuis les années 1990 pour 203 réacteurs nucléaires à eau pressurisée (REP ou PWR en anglais) d’une puissance de 900 MW. Il s’agit de :

Utilisation au Japon

Une dizaine de compagnies électriques japonaises gérant des centrales atomiques ont des projets d’utilisation de MOX, à partir de mars 2011 pour la plupart. La compagnie française Areva a signé plusieurs contrats en 2006 puis 2008 avec quatre de ces sociétés pour la fabrication du MOX4.

Depuis décembre 2010, Kyushu Electric Power Company a introduit du combustible MOX dans la 3e tranche de la centrale nucléaire de Genkai5.

Depuis février 2011, l’exploitant japonais TEPCO utilise du combustible MOX dans le 3e réacteur de la Centrale nucléaire de Fukushima Daiichi.

Deux autres réacteurs utilisent actuellement du MOX au Japon.6