Le monde est-il prêt à un plan d’évacuation du Japon ?

Je vous partage cet article, car il me semble que le bon sens est de penser à organiser une évacuation du Japon. Je suis surpris de ne rien entendre sur la mise ne place d’un plan d’évacuation du Japon. Si le monde entier pour une fois au lieu de penser à la guerre, à combattre le voisin, à défendre son territoire décidait de partager, d’envoyer des bateaux, des milliers de bateaux et des milliers d’avions pour déplacer les japonais qui veulent quitter le pays avant la catastrophe annoncée. Il y a de la place en Russie, au Canada, aux USA, en Europe pour accueillir des millions de personnes. Même si ce projet paraît complètement fou, il est plus urgent que de débattre de la Libye. La catastrophe de Tchernobyl a fait 900 000 décès.

Il faut oser proposer des solutions, demain il sera trop tard pour dire, nous aurions pu….. Alors il faut en parler sérieusement et rapidement et demander à tous les gouvernements de faire des propositions au Japon.

Pour info : « Je doute qu’il y ait un plan permettant d’organiser une éventuelle évacuation de Tokyo ».

Bernard Jean

Origine de l’article >>> ICI

Après le séisme et le tsunami qui ont touché le nord du Japon, le point d’orgue de la catastrophe annoncée ne semble pas encore arrivé. Déjà des dizaines de milliers de personnes ont perdu la vie, et le monde ne s’interroge uniquement sur leur politique énergétique.

Certes il est important de revoir notre mix énergétique, mais aux vues de la tournure des événements à Fukushima, il est temps de se préoccuper du sort des millions de Japonais qui vont subir une crise nucléaire sans précédent. Aujourd’hui, le taux de radiation relevé dans la banlieue de Tokyo est 300 fois supérieur à la normale.

L’ONU, l’Europe et les autres pays du G8 doivent enfin prendre la mesure de la catastrophe humaine qui s’annonce. La Russie vient de lancer une opération d’évacuation de deux de ses îles Kouriles et de Sakhaline respectivement de 18 000 et d’un demi million d’habitants. Le monde doit peut-être se préparer à une opération jamais vue à part dans les films américain, une opération d’évacuation d’une partie du Japon.

Quand la plupart des pays se regardent le nombril nucléaire, que les économistes voient le monde se bouleversé et ne savent plus sur quel pieds danser, le peuple Japonais ne sait pas comment se préparer au pire, à un fléau invisible qui risque de causer des dommages irréversibles tant sur les hommes et les femmes, que sur l’environnement.

Si les usines Toyota, Honda, Nikon, Apple… ferment les unes après les autres, ce sont déjà des centaines de milliers de personnes qui tentent de quitter la région nord du Japon. Mais pour aller où ? Attendre de savoir dans quel sens ira le vent n’est pas une solution. La situation est telle que plus aucune intervention humaine n’est possible sur les réacteurs.

Alors cette idée ne fera pas plaisir à le droite qui mène une guerre contre l’immigration, mais nous n’avons clairement pas le choix. La solidarité internationale doit jouer son rôle, et nous ne pouvons pas laisser un peuple entier risquer la catastrophe nucléaire.

En Russie, au Etats Unis, au Canada, en Europe, il est possible de construire des camps de réfugiés d’ampleur pour lancer une vague opération de sauvetage ! Le monde n’est clairement pas prêt à se lancer dans un tel scénario, mais le G8 et le G20, ainsi que l’Union Européenne doivent s’y préparer, et très rapidement, car évacuer des centaines de milliers voire des millions de personnes n’est pas aussi simple qu’il n’y paraît dans les films américains.

« Je doute qu’il y ait un plan permettant d’organiser une éventuelle évacuation de Tokyo »

NICOLAS MINVIEILLE, PROFESSEUR À L’ÉCOLE DE MANAGEMENT AUDENCIA

Pour cet expert de l’économie japonaise, les autorités nippones sont dépassées par les événements.

Une catastrophe nucléaire de grande ampleur semble se confirmer au Japon. Quel serait l’impact pour l’économie du pays, si comme à Tchernobyl, un périmètre d’une trentaine de kilomètres autour de la centrale était déclaré zone interdite ?

La région située au nord de Tokyo est moins industrielle que la région de Kobé sévèrement touchée par un tremblement de terre en 1995. Elle ne concentre à elle seule pas plus de 10% de l’activité industrielle du Japon. Mais Sendai est l’un des dix plus grands ports du pays. Cela ferait une voie d’accès en moins pour cet archipel pour lequel les approvisionnements, notamment en énergie sont vitaux. Cela dit, Sendaï est situé à plus de 30 kilomètres de Fukushima.

Mais c’est dans cette ville que passe la ligne de Shinkansen (train ultra-rapide) entre Tokyo et Aomori, tout au nord du Japon, ainsi qu’une autoroute importante… Quelles serait les conséquences d’une fermeture de ces deux axes pour des décennies ?

Le fret ferroviaire est peu développé au Japon. Quant aux camions, ils pourraient passer par la côte ouest. Une autoroute relie Tokyo à Niigata. En revanche, c’est vrai que la toute nouvelle ligne de Shinkansen sur laquelle circule le plus récent des trains rapides japonais constituait un symbole national. L’arrêt de la circulation sur cet axe pèserait donc aussi lourd sur le plan symbolique. Le pays serait, d’une certaine façon, coupé en deux

Imaginons le pire… Croyez-vous que les autorités puissent ordonner l’évacuation de Tokyo ? Est-ce possible techniquement ?

Je pense qu’il y a un mythe sur l’expertise des Japonais en matière de gestion de crise. Voilà pourquoi je doute qu’il y ait un plan réellement opérationnel permettant d’organiser une éventuelle évacuation de Tokyo. Et quand bien même il existerait, je doute que les autorités communiquent sur le sujet. Historiquement, elles ont été régulièrement dépassées par ce type d’événements, et il n’est pas évident qu’elles ne le soient pas maintenant. Dois-je vous rappeler Après Kobé, ce sont les yakusas (mafia japonaise, ndr) qui ont été les premiers à intervenir en distribuant des vivres, et qui ont notamment contribué à relancer l’économie locale.

Vous semblez très pessimiste ?

Sur la capacité de l’Etat au Japon et sur ce gouvernement en sursis précisément, oui. Le contrôle public sur les centrales nucléaires a toujours été très faible, de nombreux incidents ayant été « escamotés » du public. D’une manière générale, les Japonais n’ont pas confiance dan l’Etat sur ces problématiques. Ceci étant dit, il y a une chose qui m’incite à penser qu’ils peuvent s’en sortir, et c’est l’extrême résilience de ce pays. Je vous rappelle qu’il est le seul à avoir subi par deux fois un bombardement nucléaire et qu’il lui a fallu moins de trente ans pour devenir ensuite l’une des principales économies mondiales. Certes, l’endettement du pays est important, mais la dette publique est détenue par les Japonais et la situation est beaucoup moins critique que dans le cas de la Grêce par exemple. Par ailleurs, l’archipel nippon figure parmi les pays qui, dans le monde, dispose du plus fort taux d’épargne.

Propos recueillis par Pierre Kupferman – 15/03/2011, 18:22

 

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