Manger local, même l’hiver à Québec

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Manger local en hiver à Québec? C’est possible… en partie. Et c’est ce que favorise le Marché de solidarité régionale de Québec, qui, de six producteurs à sa création en 2007, est passé à une trentaine qui offrent quelques centaines de produits même au coeur de janvier.

Des légumes de conservation comme les racines, du chou, des courges, des légumineuses, des viandes biologiques variées, des oeufs, du miel, des petits fruits congelés, des pousses germées, des tisanes, des produits transformés, l’éventail est somme toute assez large pour une saison où la terre a cessé de produire.

Au-delà des étals, c’est toutefois une philosophie bien particulière de l’alimentation qu’offre ce projet issu d’une initiative des Amis de la Terre.

Comptant sur une seule employée et une kyrielle de bénévoles, le Marché de solidarité régionale se veut une façon originale de rapprocher les producteurs des consommateurs. Son critère de base : la proximité. Ceux qui l’approvisionnent viennent de Québec et des alentours. Les clients passent leur commande par Internet et bénéficient de deux périodes dans la semaine pour en prendre livraison. Contrairement à d’autres formules de paniers, ce sont donc eux qui choisissent ce qu’ils veulent, à la fréquence qui leur convient, sans obligation d’achat.

Les produits offerts ne sont pas nécessairement biologiques, mais ils répondent tous à des critères de production ou de transformation respectueux de l’environnement, dit la coordonnatrice Annick Béland-Morin.

Les producteurs «sont souvent des gens impliqués dans leur communauté, qui encouragent eux aussi l’achat local». Ils sont pour la plupart trop petits pour se payer un kiosque dans un marché. Au moins 80 % d’entre eux comptent sur un revenu d’appoint pour vivre.

Histoire de donner une idée juste de la valeur réelle des productions, la facture remise aux clients indique le montant remis aux fournisseurs séparément du 15 % que prend le Marché pour assumer ses propres coûts.

Au fil de l’année, diverses activités permettent aussi de les rencontrer : visite ou corvée à la ferme, BBQ, dégustations…

Solidarité

Toute cette démarche a pour but de susciter une prise de conscience par rapport aux denrées que nous consommons, et de permettre aux citoyens de poser un geste de solidarité envers les agriculteurs, explique la porte-parole.

«C’est une illusion de croire qu’au Québec on va sauver l’agriculture avec la distribution de masse.» Notre système de mise en marché est l’un des plus concentrés au monde, et les produits locaux n’y trouvent une place que pourvu qu’ils soient compétitifs. On l’a vu l’an dernier lorsque les fraises de Californie sont restées dans les étalages à côté de celles du Québec, illustre la jeune femme.

L’enjeu majeur du projet est sa rentabilité. Pour cela, il lui faut grossir encore, tant du côté de ceux qui le fournissent que des adhérents. Ceux-ci sont présentement entre 300 et 500, pour environ 150 acheteurs chaque semaine. Pas question par contre de devenir gigantesque, histoire de maintenir le lien entre acheteurs et vendeurs. «On préfère laisser la place à d’autres projets», de conclure Annick Béland-Morin.

En plus du 15 % ajouté à la facture, le Marché demande 20 $ par année en frais d’inscription. Le point de chute pour prendre livraison des commandes est le Centre Frédéric-Back, 870, avenue De Salaberry. Les commandes se font par Internet entre le vendredi et le lundi soir, et sont récupérées les mercredis ou jeudis en fin de journée. Le paiement se fait sur place. Pour plus d’information, voir le site http://www.atmsrq.org.

Source : Le Soleil le 23 janvier 2011 : http://www.cyberpresse.ca/le-soleil/affaires/agro-alimentaire/201101/22/01-4362843-manger-local-meme-lhiver.php

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