Leonard Orr : « Respirer en conscience débloque le corps »

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Basé sur une respiration amplifiée et consciente, le rebirthing – ou rebirth – reste, plus de quarante ans après sa création, une technique auréolée de mystère. Leonard Orr, son inventeur, se livre très rarement aux médias. Il a accepté de répondre aux questions de Psychologies.

Psychologies : Quelle est l’origine du rebirthing ?

Leonard Orr : Il faut d’abord que vous sachiez que j’ai un parcours très atypique : je suis né dans une petite ferme de l’Etat de New York et, après mes études, j’ai été successivement agent commercial, éducateur social, consultant d’affaires et formateur pour les travailleurs indépendants. Mais j’avais été attiré par la spiritualité dès mon adolescence, notamment par les yogis et leurs techniques de respiration qui, disent-ils, permettent d’accéder à l’immortalité.
Au début des années 1960, j’ai commencé à faire des expériences… dans ma baignoire ! Pour moi, c’était là une excellente méthode pour atteindre un état de relaxation profonde et laisser mon esprit vagabonder. J’ai alors remarqué que si l’on reste assez longtemps dans l’eau, il commence à se passer des choses extraordinaires.

Assez longtemps… C’est-à-dire ?

Lorsque vous prenez un bain, et même si vous vous y sentez très bien, il arrive toujours un moment où vous ressentez l’envie d’en sortir. Eh bien, à partir de ce moment-là, restez-y une heure de plus… Votre corps se détend alors réellement et votre esprit se relâche. Il dépasse ses limites habituelles, et vous commencez à voir des images très précises, comme dans un rêve éveillé, ou à avoir des sensations physiques et émotionnelles très fortes.
J’ai ainsi retrouvé des souvenirs de ma petite enfance, des choses difficiles que je n’avais pas comprises. Cette prise de conscience a provoqué en moi un incroyable processus de transformation. Voilà pourquoi je l’ai appelé rebirthing (« renaissance »). J’ai alors voulu partager cette découverte avec les autres, et j’ai commencé à faire des « régressions » dans l’eau avec des amis. Cela a donné la première version du rebirthing.
Nous utilisions de grandes baignoires californiennes, avec deux personnes par baignoire. La première était allongée et complètement immergée. Elle avait un tuba qui lui permettait de respirer avec la technique que je lui avais enseignée. La seconde soutenait le corps de la première pour simuler un état d’apesanteur. Cette technique a rencontré un succès énorme. Tous ceux qui l’ont testée disaient qu’ils venaient de vivre l’expérience de transformation la plus puissante de leur vie.

Pourtant, le rebirthing ne se pratique plus dans l’eau…

Non, sauf pour quelques professionnels qui utilisent encore cette technique. Après avoir fait travailler des centaines de personnes, je me suis posé un certain nombre de questions : de combien de séances a-t-on besoin pour obtenir un résultat ? Combien de temps faut-il pour apprendre la technique de respiration et être capable de respirer naturellement ?
Mon idée, c’était de pouvoir rendre les gens autonomes, pour qu’ils puissent pratiquer seuls la respiration. L’autonomie était un principe fort qui émergeait des thérapies brèves, alors naissantes, et qui s’opposait vraiment à la pratique psychanalytique… J’ai ensuite compris que la clé de ce travail, c’était le rythme de la respiration, non le fait d’être dans l’eau.
En faisant des essais sans baignoire, j’ai remarqué qu’il était plus facile d’intégrer une expérience au sec, parce que notre quotidien se passe en général sur la terre ferme… J’ai donc modifié le déroulement des séances, et j’ai lancé officiellement le rebirthing.

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