Le nouveau film « lumière » sur le respiranisme

Un film de : Peter-Arthur Straubinger. Sortie le 15 décembre 2010

Peut-on survivre sans prendre de nourriture ni d’eau pendant des semaines, des années voire des décennies? La plupart des gens, scientifiques ou spécialistes répondront spontanément : c’est impossible ! Mais comment réagiront ces mêmes scientifiques et spécialistes lorsqu’ils seront confrontés aux preuves, rapports certifiés, interviews et expériences en laboratoire à l’appui, constatant que ce phénomène, parfois aussi désigné par « Respirianisme », existe ? En effet, pour répondre à cette question, le réalisateur mène une enquête aux 4 coins de monde (Suisse, Allemagne, Autriche, Russie, Etats Unis, Grande Bretagne, Inde, Chine) afin de rencontrer à la fois médecins, scientifiques et universitaires, mais aussi ces personnes qui affirment ne plus se nourrir, ou avoir expérimenté ce phénomène. Ainsi, Lumière explore non seulement la connaissance issue des traditions spirituelles asiatiques, mais dévoile aussi les derniers modèles d’explications tirés de la physique quantique. Serait-il alors possible de vivre autrement ?

Site internet du film >>> ICI

Pays d’origine : Autriche
Genre : Documentaire
Année de production : 2010
Version originale : Allemand
Versions doublées : Français
Durée : 89′

Article paru dans http://blog.psychotherapie-integrative.com/le-film-lumiere/
Le film « Lumière »

Il est bon d’aller voir ce film, histoire d’oublier cette débauche d’aliments des fêtes de fin d’année, afin de faire de nous les obèses d’une société de l’hyperconsommation matérielle.
Il s’agit d’un documentaire intéressant, réalisé par un jeune autrichien Peter Arthur Straubingen, qui a mis dix ans pour mener à bien son enquête sur un phénomène hors du commun : sa possibilité de vivre sans aliment solide et sans eau, en se nourrissant uniquement de la lumière ou de l’énergie – les orientaux diraient du « prana » ou du « qi ».

L’enquête
P. A. Straubingen a accumulé les exemples de ces hommes vivant ainsi de cette lumière provenant surtout de la nature et du soleil, en nous emmenant pour un voyage à travers le monde. En Autriche d’abord, nous rencontrons un yogi de la montagne, à l’allure assez marginale, qui a l’air de vivre heureux ainsi, avec un large sourire, dans son ascétisme extrême.
Beaucoup plus troublant, est la visite chez un médecin suisse, le Dr Werner, vivant dans le conformisme social. Pourtant, il a abandonné lui aussi toute nourriture solide et liquide, partageant une retraite très normale, avec sa femme, entre partie de tennis et ballade en voilier sur le lac de Neuchatel.
Nous allons bien sûr en Inde, où Patanjali, il y a 2000 ans, mentionnait déjà dans son fameux traité sur le yoga, la possibilité pour les yogis les plus accomplis de vivre uniquement du « prana ». Là, nous rencontrons le sage Mataji Prahlad Jani, un petit vieillard alerte, à l’oeil illuminé, qui après avoir eu à 7 ans « la révélation des 3 déesses », vit sans manger ni boire depuis 70 ans, en semblant se porter comme un charme.
Nous allons aussi en Chine, dans un superbe temple taoïste, où des moines pratiquant qigong et taïchi, nous parlent du degré suprême de l’accomplissement spirituel : le » bigu » qui consiste à ne plus avoir aucun besoin matériel, dont celui de manger et boire.
Nous rencontrons aussi Jasmuheen, une femme australienne, style « new age », qui a créé les stages de « respirianisme » de 21 jours pour s’initier à vivre uniquement de lumière – stages qui ont défrayé à juste raison la chronique , car ils ont entrainé la mort de plusieurs personnes ayant suivi inconsidérément une démarche trop difficile, à ne pas proposer à tout le monde. Mais il faut souligner ici l’honnêteté du film, qui met en garde le spectateur sur les dangers d’une telle pratique, en visitant d’ailleurs à Berlin un groupe de disciples « respirianistes », pas très recommandables.

Le questionnement scientifique
Un des intérêts du film est de montrer la confrontation entre la science médicale conventionnelle et ces phénomènes inexplicables.
Il y a d’abord, au début du film, la dénégation presque drôle tellement elle est caricaturale, de plusieurs experts scientifiques criant à l’imposture et au mensonge. Plus intéressant est le séjour dans un hôpital de Berne, du Dr Werner, qui pendant 10 jours va se prêter à toutes les études et expérimentations cliniques sur son cas, avec ensuite la plus grande peine pour obtenir les résultats – résultats médiocres concluant à une simple expérience de jeûne prolongé avec apparition des signes cliniques habituels.
Beaucoup plus intéressant, est de voir notre yogi indien séjournant, pieds nus et vêtu du traditionnel sari safran , dans un hôpital d’Ahmedabad ultra-moderne, pendant 15 jours, avec une surveillance video constante, passage au scanner quotidien, analyses permanentes multiples. Les médecins indiens avec un certain courage passant outre leurs croyances, en concluent au miracle inexplicable de ce corps âgé de 80 ans, dont les organes en parfait état sont comparables à ceux d’un jeune homme de 25 ans, et dont l’absence d’élimination de l’urée dans le sang – ce qui est la principale cause de mortalité quand on arrête de boire – pose toutes les questions sur la possibilité d’un tel phénomène.

Les explications et les hypothèses
La dernière partie du film s’en va enquêter auprès de certains scientifiques à l’avant-garde du développement des sciences. Ce sont des chercheurs autour de la physique quantique – dont le britannique Brian Josephson, prix Nobel 1973 -, c’est un docteur en psychologie engagé dans la recherche de pointe sur la conscience, le Pr Dean Radin de l’université de Princeton. Tous disent qu’il est nécessaire de dépasser le paradigme réducteur de la science conventionnelle matérialiste, vieille de quatre siècles, et incapable de prendre en compte et d’expliquer un nombre important de phénomènes énigmatiques, dont celui-ci.
Il faut faire l’hypothèse d’un champ quantique de tous les possibles qui sous-tend et modèle la réalité matérielle. Il faut étudier avec rigueur tous les pouvoirs de la conscience humaine, capable par exemple de gérer et de modifier le fonctionnement d’un tout extrêmement complexe comme le corps. Cela rejoint d’ailleurs les recherches, dont nous avons déjà parlé au sujet de la pleine conscience.

Pourquoi en France une telle résistance ?
C’est la question que l’on peut se poser, quand on considère la manière dont ce film a été accueilli au pays de Descartes, alors qu’outre-Rhin, en Allemagne, en Suisse, en Autriche, il remporte au contraire, un certain succès pour un documentaire (environ 170 000 entrées fin novembre). En effet, seulement trois salles de cinéma à Paris ont accepté jusqu’ici de visionner le film dans toute la France. La critique dans les journaux oscille entre le déni d’information, ou l’utilisation des étiquettes habituelles – dont la France s’est fait malheureusement une spécialité – en criant à la secte, la manipulation, le mensonge, etc… Pourquoi, une telle fermeture et une telle agressivité, dés que l’on sort des cadres de la croyance dominante, surtout dans le domaine sensible de la santé et de la médecine ?

En tout cas, ce film ne m’est pas apparu comme une incitation à manipuler les esprits, pour entreprendre par exemple ce processus respirationiste », mais plutôt comme une incitation à réfléchir sur un phénomène hors du commun, afin de se poser des questions, d’ouvrir son esprit et sortir des cases toutes faites d’une vision rétrécie et unidimensionnelle de la réalité.

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