Le new age est-il arnaque ou avenir de l’homme ?

Mes remarques sur les formations actuelles en soins énergétiques :

Ayant depuis 1997 participé à de nombreuses formations, conférences, séminaires en France et au Québec sur les différentes techniques et approches concernant les soins énergétiques, mes expériences me montrent que la technique et le mental n’ont pas de place dans une thérapie qui utilise les énergies. Il ne sert à rien d’accumuler des diplômes, de multiplier les stages et les séminaires pour apprendre des recettes et des techniques dans ce domaine. Faire ou bien faire n’apporte absolument rien. Chercher un résultat n’apporte rien. Vouloir « guérir » n’est pas le but. Comprendre que la maladie est souvent utile pour déclencher un changement est important dans cette démarche.

C’est uniquement le niveau de l’ouverture du Cœur du thérapeute qui va provoquer éventuellement des prises de conscience, pas du tout son savoir FAIRE, mais son savoir ETRE et surtout son état de non jugement sur la personne qui demande de l’aide. Dans cette approche il n’y a pas de diagnostic à faire, le thérapeute ne sait rien et ne doit en aucune façon prendre le pouvoir sur le patient. Vivre en santé n’est pas un combat, et je propose d’ailleurs de ne plus utiliser le mot « guérir » dont la sonorité est très proche du mot « guerre », mais d’utiliser la formule « retrouver le chemin de la santé ».

Toutes les approches en soins énergétiques qui proposent actuellement des recettes, des outils, des symboles, des soins spécifiques, des méditations sont des arnaques qui enrichissent des formateurs auto-proclamés et manipulateurs et qui mettent en dépendance des élèves pendant des années dans des structures de types sectaires. Ils inventent des thérapies nouvelles souvent d’ailleurs avec copyright pour répondre à un marché très florissant du fait de la perte du pouvoir des religions. Un mélange subtil de croyances sur Jésus, sur Marie Madeleine, avec un zeste d’hindouisme pour ratisser plus large, les textes bibliques sont corrigés, les anciennes croyances religieuses sont modifiées par des nouvelles. Le savoir étant transmis par channeling (spiritisme) ou par voyage astral, ou encore en lecture des annales akashiques, les enseignants ne sont pas sur cette Terre, ils sont nommés « Guides », « Êtres de Lumière », « Maîtres » ou encore des contacts avec des extra-terrestres. Les formations qui sont proposées sont longues et couteuses.

Il est demandé aux élèves qui sont de plus en plus nombreux de croire que tout ce qui est enseigné est vrai, mais comme aucune vérification n’est possible, la manipulation est très facile, la critique est impossible. Même si 80% des enseignements sont du bon sens, les 20% qui restent qui sont faux ne sont jamais remis en cause mais doivent être acceptés comme des vérités, des dogmes (les Maîtres disent ceci… donc il faut faire et obéir..) La formation n’est jamais terminée, la dépendance avec le temps est de plus en plus forte. Les nouveaux gourous remplacent les prêtres, les évêques, les archevêques… (égo, pouvoir, argent, sexualité, dépendance). Les élèves sont chargés de recruter de nouveaux adeptes. Il est facile de percevoir une dérive sectaire avec au centre un gourou qui souvent publie de nombreux livres. Au lieu de libérer le patient de ses anciennes croyances, ils en remettent une nouvelle couche. « Dans le domaine de l’entreprise comme ailleurs, telle est la philosophie du Nouvel Âge : pourquoi comprendre quand il est si facile de croire ? » (Le new age page 133)

Un véritable soin énergétique est indépendant de tout apprentissage utilisant le mental, la présence du thérapeute suffit. Des « guérisseurs » ont toujours existé, dans tous les pays, depuis des milliers d’années, bien avant l’arrivée du « new age ». Tenir par la main une personne en fin de vie ou en difficulté est souvent suffisant. Mettre la main sur le front d’un enfant malade toutes les mamans le font naturellement sans apprentissage.

Bernard Jean

Un livre à lire :

Le new age ! A l’aube du troisième millénaire d’aucuns se délectent de cette apocalypse joyeuse que nous annoncent visionnaires et gourous. Le passage à l’ère du verseau  nous promet le retour de l’homme au jardin d’Eden. Un « changement de paradigme » à l’echelle planétaire en appelle à l’astrologie comme aux médecines parallèles ou à la communication avec les anges pour supplanter la vieille rationalité occidentale. De cette nébuleuse, Renaud Marhic et Emmanuel Besnier retracent pour la première fois les vraies origines. Où l’on apprend que la femme qui inventa, voici 50 ans le new age se réclamait de maîtres invisibles présidant en secret aux destinées de l’humanité. Entre justification d’Hitler et apologie d’Hiroshima…. où l’on voit quelques aventuriers spirituels surfer sur la contre culture américaine des années 70 pour imposer le nouvel âge en tant qu’outil de transformation personnelle. Entre LSD et mysticisme débridé…

Examinant les pratiques actuelles, des newagers en matière de médecine, d’entreprise ou de philosophie, l’enquête dévoile les multiples visages du nouvel âge. Des origines mystiques de la sophrologie à l’inquiétante théocratie de Findhorn, en passant par les vieilles lunes de la pensée magique appliquées à l’optimisation des ressources humaines dans les grandes entreprises….

Le new age est-il arnaque ou avenir de l’homme ?

Parce que les newagers confondent trop souvent ignorance et liberté de conscience, ce livre arrive à point nommé.

Renaud Marhic, écrivain et journaliste indépendant, a déjà publié, l’Affaire Ummo, Enquête sur les extrémistes de l’occulte, Sectes et mouvements initiatiques en Bretagne, Voyage au bout de la secte. Il porte sur le paranormal un oeil critique et entend appliquer à ce domaine les techniques du journalisme d’investigation. Il a été à l’origine de l’association « M… à l’apocalypse ! » qui, le 11 août 1999 a stigmatisé avec humour les prédictions apocalyptiques du couturier Paco Rabane.
Emmanuel Besnier, journaliste indépendant, a été cheville ouvrière de plusieurs documentaires remarqués sur les périls sectaires, dont Sectes tueuses, diffusé par France3 à l’automne 1998.

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Renaud Marhic et Emmanuel Besnier – Le New Age

Le New Age, son histoire, ses pratiques, ses arnaques…Renaud Marhic et Emmanuel Besnier
Édition Le Castor Astral (1999) 248 pages – 20 eurosDéfinir le New Age et circonscrire ses diverses formes n’est pas chose aisée. Heureusement, le livre de Renaud Marhic et Emmanuel Besnier est là pour nous aider à y voir clair dans cette nébuleuse tentaculaire. 

Cette synthèse réalisée après une longue enquête journalistique fait remonter les origines du Nouvel Âge à la théosophie d’Helena Blavatsky, fin XIXe. Mais c’est dans les années 1920 qu’Alice Bailey, sa disciple, évoque pour la première fois sous l’expression New Age, un changement d’ère, annonçant même le retour du Christ.

Tout en prophétisant l’avènement de cette ère « spirituelle », placée sous le signe astrologique du Verseau, le New Age reprend et popularise des notions issues des religions orientales, en particulier l’hindouisme, telles que la réincarnation ou les chakras. Apparaissent alors de nombreuses pratiques et thérapies, révélées à leurs inventeurs, mêlant « énergies », « fluides vitaux », « aura », « anges », « esprits » et même « extraterrestres » et promettant à leurs adeptes une véritable « transformation personnelle ». On ne sera donc pas surpris (quoique parfois un peu) de retrouver dans ce livre, aussi bien l’astrologie que la PNL, la kinésiologie, la graphologie, la sophrologie, l’urinothérapie, l’ostéopathie, l’homéopathie, la radiesthésie…

Multiforme, sous son vernis pseudoscientifique et ses allures mystiques, valorisant l’intuition au détriment de la raison, le New Age dissimule bien des dérives, en particulier sectaires. Si elles ne nous donnent pas véritablement d’éléments pour nous préserver de leurs dangers, les recherches historiques de Renaud Marhic et Emmanuel Besnier permettent de comprendre les traits communs des différents visages du New Age.


Citations


« Si la formule n’était pas forcément réductrice, on serait tenté de dire que l’éclosion du Nouvel Âge en 1968, ce fut la Théosophie plus la drogue… » (p. 31) « Avec le Nouvel Âge, il nous faut nous en remettre à l’intuition ou à la révélation. Changement de paradigme oblige, nous quittons d’emblée le domaine de la réflexion pour celui de l’émotion. » (p. 52) « Dans le domaine de l’entreprise comme ailleurs, telle est la philosophie du Nouvel Âge : pourquoi comprendre quand il est si facile de croire ? » (p. 133) 

« Correctement informé sur les dangers des sectes, le grand public est totalement ignorant des risques inhérents au sectarisme du Nouvel Âge. Et les victimes se comptent par milliers… » (p. 187)
« Le Nouvel Âge et ses prosélytes incarnent l’antithèse du Siècle des Lumières, ils foulent aux pieds la démocratie et se régalent de délires théocratiques. » (p. 235)

Interview


Lors de la conférence sur le New Age le 3 décembre 2007 à Chambéry, en introduction, Renaud Marhic a répondu aux questions de Franck Villard, président de l’ADFI 2SI et modérateur de la soirée. Nous retranscrivons ici cet échange. En ligne également cette interview de Renaud Marhic par Guy Rouquet, fondateur de l’association Psychothérapie Vigilance. Franck Villard – Comment définiriez vous le New Age en quelques mots ? Est-ce que c’est un mouvement constitué ? Un courant de pensée ? Une forme de religion ? Renaud Marhic – Il s’agit d’un courant de pensée, mais pas au sens littéraire du terme. En aucun cas, il ne s’agit d’un mouvement constitué. On ne cherchera donc pas de maître, de gourou en chef, ni de siège. Il s’agit davantage d’une façon de penser, d’une façon de voir le monde. FV – D’où vient ce terme de New Age et quelles sont les origines de ce mouvement ?RM – New Age signifie « Nouvel Âge » et on a longtemps cru qu’il s’agissait d’une expression employée pour la première fois par Alice Bailey. Alice Bailey était une théosophe en rupture de ban avec la Société de Théosophie, mouvement crée par l’aventurière Helena Blavatsky. En 1948, Alice Bailey, qui se proposait de changer le monde à travers les nouvelles structures qu’elle venait de créer, écrivait dans un livre intitulé Le retour du Christ que l’important était la « transition dans un Nouvel Âge ». Pourquoi l’important ? Parce que tout allait changer avec le retour d’un christ qui ne serait pas le christ mais qui serait un avatar. 

On a longtemps cru que le terme New Age avait été employé pour la première fois en 1948 mais j’ai pour ma part une autre version puisque dès 1911, nous retrouvons en Angleterre, une revue intitulée The New Age. Cette revue paraît dans un climat de libération culturelle engendrée par la mort du roi Edouard VII. Déjà en 1911, elle mêle sans vergogne aussi bien la philosophie vitaliste de Bergson que les débuts d’une certaine psychanalyse, avec Jung. On y retrouve également la « philosophie », si l’on peut employer ce terme, du mage Gurdjieff à travers les articles d’Ouspensky, un de ses principaux associés, qui déjà nous expliquait qu’il fallait réveiller l’humain endormi par des pratiques occultes à vocation thérapeutique dont le rappel de soi. En Bref, dès 1911, on a des gens qui commencent à mélanger des choses très différentes. Ensuite, tout cela va faire son chemin dans les consciences et on va voir des personnes se réclamer du Nouvel Âge notamment aux États-Unis.

FV – Pourtant actuellement, aucun des mouvements que l’on peut qualifier de « New Age » ne se revendique ouvertement de ce courant. Dans votre livre, vous écrivez d’ailleurs : « Ne dites pas à ma mère que je suis newager, elle me croit chaman thérapeute psycho-spirituel. ». Alors, pourquoi selon vous ?

RM – En effet, on constate que le New Age est quelque part une appartenance un peu honteuse sur un plan philosophique et idéologique. Pourquoi ? Parce que lorsque l’on retrace ses origines, on arrive sur des gens qui nous ont dit que le monde allait changer. Changer à l’occasion de l’ère du Verseau qui succèderait à l’ère des Poissons, comme le croyait Alice Bailey. Vous avez parlé de 2012 mais il faut savoir que selon les personnes, on va trouver toutes sortes de dates qui n’ont pas de rapport les unes avec les autres. On est pourtant toujours face à la même affirmation : la Terre va entrer, avec l’aide du Christ ou de qui vous voudrez, dans un Nouvel Âge d’or. Cela fait un petit moment qu’on nous l’annonce, depuis 1948, voire 1911. Peut-être que certains voient dans l’évolution de notre société, de la planète, un Nouvel Âge d’or mais cette vision peut se contester. Alors qu’ont fait les newagers ? Exactement à la façon des prophètes, ils nous disent : « Ok, ce n’est pas pour cette fois-ci mais ce sera pour la prochaine. » Aujourd’hui, c’est donc très ringard de dire New Age. On ne dit plus New Age mais Next age : ce n’est plus « Nouvel Âge » mais « âge prochain ». Et bien entendu, quand en 2012, il ne se sera rien passé et quand dans les années suivant 2012, la situation de la planète aura encore empiré, on va nous annoncer que, en fonction d’autres calculs, on peut envisager que plus tard… Voilà pourquoi cela ne se fait plus de dire que l’on est New Age. Par contre, vous citiez mon ouvrage, on va par tout les moyens affirmer que l’on participe à ce renouveau que désormais on est en pratique de nouvelles connaissances et notamment de nouvelles thérapies puisque depuis les origines, le New Age a toujours voulu soigner la planète. Et pour soigner la planète, les newagers nous disent qu’il faut remettre l’Homme au centre de tout. Il faut donc commencer par soigner l’Homme pour soigner la planète. Comment le soigner ? À l’aide de toutes ces thérapies que l’on voit apparaître aujourd’hui.

FV – Dans un entretien avec Guy Rouquet, vous définissez le New Age comme « l’école des doctrines faciles ». Vous dites : « Hissant le moindre ressenti au rang de connaissance, il fait place à toutes les lubies. S’il faut parler de charlatanisme, c’est en cela que, au pays du New Age, tout le monde est professeur. Nimbus ou Tournesol… Et recevra les honneurs dus à son « rang » au seul prix des théories les plus improbables. La Tradition tenue en symétrie avec la Science, l’intuition faite connaissance ». Est-ce que vous pouvez nous parler du rapport ambigu entre le New Age et la Science ?

RM – Partout professent aujourd’hui de nouveaux Nimbus, de nouveaux professeurs Tournesol. Sur quelles bases ? La recette est simple, on la connaît : pour que naisse une nouvelle « discipline », il suffit d’accoler la terminaison –logie, à tout et n’importe quoi. Vous pouvez demain vous baptiser professeur de je-ne-sais-quoi-logie. Cela devrait vous attirer une certaine clientèle. On voit ainsi l’astrologie, la radiesthésie devenir médicales. Le yoga devient même cellulaire. On peut faire du yoga pour se détendre. Qu’en est-il quand on vous dit que le yoga va guérir votre cancer ? Peut-être l’exemple de ces psychothérapeutes que l’on voit se multiplier depuis vingt ans est-il parlant. « Psychothérapeute » est un titre non légalement protégé, ce que veut dire qu’il peut être adopté par vous, par moi, demain pour peu que nous vissions une plaque sur notre porte et que nous nous acquittions des cotisations sociales inhérentes à l’exercice d’une profession libérale. Et nous ne serons passible d’aucune poursuite. Cela veut dire que des gens qui n’ont pas la moindre notion de psychologie, de santé mentale peuvent demain se mettre à soigner de grands dépressifs voire des malades mentaux. On est là dans la dérive la plus complète qui est la marque de fabrique du New Age. Car le New Age nous dit que l’on a changé de paradigme, de cadre de référence. Il ne faut plus penser comme avant. Avant, si vous vouliez soigner, il vous fallait faire des études scientifiques longues, difficiles et coûteuses. Alors que dans les populations de cultures chamaniques, on devient chaman après un épisode ponctuel : un homme a regardé la lune et a été ravi aux cieux par la lune, il a rencontré là les esprits et devient chaman. Puisque c’est comme cela dans les cultures chamaniques, on va décréter – changement de paradigme – qu’il en est ainsi pour l’Occident. Ainsi n’importe quel professeur Nimbus ou Tournesol qui aura eu un jour en sortant du métro ou en prenant son bain a eu une intuition, va mettre en pratique cette intuition, généralement sans jamais oublié le cadre commercial qui va avec – et c’est sans doute l’énorme différence d’avec ces populations de cultures chamaniques. N’oublions jamais que si les disciplines les plus improbables apparaissent sur la base d’intuitions non moins improbables, elles ne manquent jamais d’être sévèrement tarifées.

FV – Qu’y a-t-il de séduisant dans ce que propose le New Age ?

RM – Peut-être justement cette facilité. Il est vrai que faire voler en éclat le paradigme, le cadre de référence, est très tentant. D’ailleurs cela a souvent été associé chez certaines personnes à une attitude révolutionnaire : on va mettre à bas la « caste des médecins », on va mener une véritable révolution culturelle et tout va aller beaucoup mieux. Les expériences de ce type peuvent être tentantes. C’est vrai que comme par hasard on va voir ces idées se développer éclore aux États-Unis à partir de 1968, à partir du mouvement de la contre-culture, avec deux branches bien précises : des gens qui vont s’orienter vers un combat politique et des gens qui vont s’orienter vers un combat philosophico-religieux et qui vont devenir par la suite des figures de proue du New Age. Je crois que la fascination est là : dans la facilité. La médecine a certainement des travers mais quand on voit ce qui se passe aujourd’hui dans les « cabinets » de ces thérapeutes, de ces « dérapeutes », je crois que l’on est en train de soigner le mal, si mal il y a par quelque chose de bien plus dangereux encore.

Origine du texte >>> ICI


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