Le Bisphénol A peut traverser la peau

Par LEXPRESS.fr avec AFP, publié le 28/10/2010 à 19:17

C’est ce qu’avance une étude relayée par l’Inra de Toulouse. Le produit chimique est soupçonné d’être présent dans les plastiques d’emballages et de biberons.

Le Bisphénol A (BPA), produit chimique soupçonné de perturber le système hormonal et présent dans les plastiques d’emballages et de biberons, peut pénétrer l’organisme humain par la peau, a affirmé jeudi l’Institut national de la recherche agronomique (Inra) de Toulouse.

En se basant sur des tests réalisés sur des oreilles de porc, animal dont la peau a des caractéristiques resemblant à celle des humains, les chercheurs ont « démontré pour la première fois que la peau constitue probablement une autre porte d’entrée du BPA au sein de l’organisme », selon le communiqué de l’Inra.

La problématique s’inscrit dans le cadre des études sur la présence de BPA, un perturbateur endocrinien, sur les tickets de caisse imprimés sur du papier thermique notamment dans les supermarchés et les distributeurs de billets de banque, auxquels sont particulièrement exposés caissiers caissières.

Lors de leurs travaux, les chercheurs de l’Inra ont ainsi observé « qu’environ deux tiers du BPA déposé à la surface de la peau traversaient la barrière cutanée, quelle que soit la dose déposée. »

Ils ont également mené une comparaison avec des explants de peau humaine et ont pu démontrer des résultats similaires.

En août une ONG américaine, Environmental Working Group (EWG), avait indiqué que le BPA était présent dans 40% des reçus et tickets de caisse imprimés par les supermarchés, distributeurs de billets et autres commerces.

Jusqu’ici, on estimait que la voie alimentaire était la principale forme d’exposition des êtres humains au BPA.

Les travaux de l’Inra de Toulouse « ouvrent de nouvelles perspectives dans l’évaluation du risque d’exposition aux perturbateurs endocriniens, et en particulier au BPA ». En effet, ce dernier est un « leurre hormonal, capable de mimer l’effet des oestrogènes, hormones sexuelles féminines qui, au-delà de leur rôle dans la fonction de reproduction, sont essentielles au développement d’organes comme le cerveau et le système cardio-vasculaire. »

L’étude est parue dans la revue spécialisée Chemosphere.
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