S’affirmer et oser dire non

Résumé du livre de Christel PETITCOLLIN

Beaucoup de gens se plaignent de leur incapacité à s’affirmer, à dire « non » et de toutes les conséquences négatives que cela a dans leur vie privée comme dans leur vie professionnelle : sensation de ne pas être entendu et respecté, diminution de l’estime de soi (« j’ai été lâche » ou « je me suis encore fait avoir »), aigreur, découragement et même problèmes de poids, eh oui ! Oser dire non, cela s’apprend et cela consiste essentiellement à sortir du cercle infernal : Doute, peur, culpabilité. Comment ? En clarifiant son esprit sur ce qui est acceptable et inacceptable. Plus les limites sont définies avec précision, plus elles sont faciles à poser. En explorant ses peurs pour les dépasser : Ce sont souvent des peurs de décevoir, d’être rejeté, de ne plus être aimé ou des peurs de féroces représailles… Et en apprenant à utiliser les techniques de communication qui permettent d’être calme et affirmé, de faire respecter ses droits tout en étant respectueux des droits d’autrui. Les outils proposés dans ce livre sont simples et efficaces. Ils vous permettront d’apprendre à dire « non », de plus en plus facilement, car ce sont les premiers « non » qui sont les plus difficiles à prononcer. Mais réalisez surtout, vous qui croyez ne pas savoir dire « non », que vous savez en fait très bien le dire mais que vous ne l’avez dit jusqu’à présent qu’à une seule personne: vous-même !

Apprendre à dire non

Par Robert Brisebois, auteur et conférencier

Origine du texte >>> ICI

S’affirmer sans agressivité et sans se sentir coupables ensuite, voilà le vrai défi à relever pour apprendre à dire non et à être cohérents dans nos refus. Mais ce n’est pas toujours facile.

Tout individu a vécu, à un moment ou l’autre, une situation où il s’avérait difficile de dire non. Que ce soit à un collègue de travail, à un parent ou même à son conjoint, dire non peut engendrer une situation où celui qui a exprimé ce refus sentira qu’il risque de perdre l’estime ou l’affection de la personne vers qui ce refus est dirigé. Si vous êtes de ceux et celles qui ont peine à dire non, voici des petits trucs qui vous seront fort utiles.

1- La véritable conséquence du «non»

Outre le fait que la personne qui essuie un refus sera déçue, interrogez-vous sur les véritables conséquences de votre refus.

«Mon fils arrivait toujours à brûle-pourpoint pour me demander de garder ses enfants, raconte Françoise. Mais moi, j’avais généralement autre chose de prévu à ce moment-là. Je disais oui pour ne pas lui faire de peine, mais ça me causait bien des ennuis, car je devais alors annuler mes activités, ce qui ne plaisait pas du tout aux personnes avec qui j’avais planifié ces activités. De plus, comme j’étais fâchée de me faire imposer les enfants, j’étais bourrue, ce qui ne faisait pas de moi la plus agréable des gardiennes. Puis, un jour, j’ai dit non. Au lieu de se fâcher ou d’être déçu, Carl m’a simplement dit que ce n’était pas grave et qu’il emmènerait les enfants pour une fois. J’ai réalisé ensuite que Carl croyait me faire plaisir en me confiant ses enfants. Il ne voyait pas à quel point ma vie de retraitée est remplie et m’imaginait comme une grand-maman qui n’a rien d’autre à faire que d’attendre qu’on vienne lui demander un petit service.»

Bref, les conséquences préméditées, soit la colère du fils et le désagrément pour lui de devoir magasiner avec ses enfants, ne se sont pas concrétisées. Au contraire, ce «non» a permis au fils de Françoise de découvrir une facette de la vie de sa mère dont il n’avait pas pris conscience. Se passer en second est souvent la conséquence d’un «oui» forcé. Or, croyant faire plaisir, la personne qui agit ainsi envoie aux autres une image d’elle qui laisse supposer qu’elle a une valeur moindre que celle qu’elle a vraiment, ce qui peut avoir des conséquences néfastes sur la relation entre la personne qui demande et celle qui accepte à reculons.

2- Transformer son «non» en «oui, mais…»

Parfois, la pression imposée pour que jaillisse une réponse positive est très forte. Dans ces occasions, la personne a de la difficulté à affirmer son refus, car elle perçoit l’importance que révèle la demande de celui qui l’a exprimée. Un non pourrait signifier que l’action demandée n’a pas autant de valeur aux yeux de celui qui la refuse qu’elle en a pour celui qui exprime cette demande. Par crainte de voir s’assombrir la relation, la personne qui a de la difficulté à dire «non» se fera encore prendre au piège.

C’était le cas de Marie-Claude qui travaillait depuis peu dans un important bureau d’ingénieurs. L’associé principal venait fréquemment lui demander d’assister à des réunions non prévues à l’agenda et qui se tenaient généralement après les heures de bureau. Or Marie-Claude, en plus d’être ingénieure, était d’abord la mère de deux enfants. Pour elle, comme pour de nombreux parents, l’heure du souper et les travaux scolaires de soirée sont des moments cruciaux pour la vie de famille. Les réunions impromptues de 17h00 avaient donc des conséquences fâcheuses pour elle, son mari et ses enfants. Mais comment dire non? Son patron croirait-il qu’elle ne trouvait pas ces réunions assez importantes? Laisserait-elle l’impression d’être une femme qui n’a pas à coeur son travail?

«Parfois les choses se font toutes seules, explique Marie-Claude. Un soir, j’étais devant l’ascenseur, la mallette à la main quand mon patron me demanda de me joindre à lui et trois autres collègues pour une affaire de dernière minute. Je ne sais pas pourquoi c’est sorti à ce moment-là, mais je lui ai répondu: « J’aimerais bien assister à votre réunion, mais les enfants m’attendent pour le souper et les devoirs, et c’est important que je sois là ». Il m’a regardé un petit moment, comme s’il cherchait quelque chose dans sa tête. Puis, il a souri: ‘‘Bien sûr, me dit-il. J’avais complètement oublié que vous aviez des enfants. Il y a longtemps que les miens ont quitté la maison. Alors, disons demain au petit déjeuner? » Je l’ai regardé à mon tour, ne sachant que répondre et il a ajouté: « C’est vrai, les enfants, ça déjeune aussi! Bon alors, on remet la réunion à demain dès l’ouverture du bureau. Ça va comme ça? » »

Marie-Claude a simplement proposé un délai. «Oui, je veux bien, mais pas tout de suite.» De cette façon, elle ne risquait pas de mettre en cause ce qui avait de la valeur pour l’autre, tout en affirmant ce qui avait de la valeur pour elle. Ce «Oui, mais…» provoque souvent une situation dans laquelle tout le monde est gagnant et où personne ne se sent attaqué ou dévalorisé.

3- «Toi, à ma place… »

La personne qui s’attend invariablement à un «oui» a beaucoup de difficulté à se mettre à la place de l’autre. Elle voit ses préoccupations comme primordiales et oublie que l’autre n’est pas un outil qu’on peut sortir d’un sac quand on en a besoin. Il est donc nécessaire de les ramener à la réalité. Pour ce faire, rien de mieux que de s’enquérir auprès de ce demandeur insistant: «Et toi, à ma place… »

Jessica avait un rendez-vous avec un jeune homme qu’elle trouvait absolument craquant. Elle avait usé de tous ses charmes pendant plusieurs semaines pour arriver à attirer son attention. Maintenant, c’était chose faite, il l’avait invitée à aller faire de la moto avec lui. Pendant qu’elle met une dernière touche à sa coiffure, elle reçoit un appel de détresse de la part de son amie Gabrielle. Celle-ci vient d’avoir une dispute avec son amoureux et elle est en larmes. Elle réclame la présence de sa grande amie pour la consoler et lui demande de venir la rejoindre chez elle tout de suite. Comment dire non à son amie en pleurs? D’un autre côté, comment annoncer le changement de programme à Sébastien sans avoir l’air d’une folle qui ne sait pas ce qu’elle veut? Jessica était vraiment déchirée entre la loyauté envers son amie et le désir de vivre un après-midi romantique avec le gars le plus «hot» qu’elle ait rencontré à ce jour.

« Comme je ne savais vraiment plus quoi faire, j’ai expliqué à Gab ce qui m’arrivait avec Sébastien. Puis je lui ai demandé: ‘‘À ma place, qu’est-ce que tu ferais? » Sans hésiter, elle m’a répondu qu’elle courrait rejoindre Sébastien, que j’étais la plus chanceuse des filles et qu’il ne fallait pas s’inquiéter pour elle, car elle n’était qu’une grande braillarde qui fait des drames avec des riens. Puis elle m’a fait promettre de tout lui raconter à mon retour.»

Le «À ma place, tu ferais quoi?» oblige la personne à qui on pose la question à voir la réalité de l’autre. C’est généralement efficace.

Les personnes qui ont de la difficulté à dire non manquent généralement d’un peu de confiance, ce qui les pousse à ne pas s’affirmer. Mais l’amour d’autrui est en grande partie basé sur le respect. Alors celui qui se respecte, qui s’affirme, donne des raisons de plus aux autres de l’aimer. Après tout, le respect n’attire-t-il pas le respect? Et n’allez pas répondre non à cela.

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