Toilettes sèches en Suède

Afin de limiter les consommations en eau, la commune de Tanum (12.000 habitants), en Suède, a interdit depuis janvier 2002, l’installation de toilettes classiques dans la commune. Pour les nouvelles constructions et rénovations, il y a obligation d’opter soit pour des toilettes sèches, soit pour des toilettes à séparation urine-matière fécale.
Depuis 3 ans, des centaines de maisons sont désormais équipées par ces nouveaux WC respectueux de l’environnement, ainsi que la bibliothèque municipale et le lycée local. Ceux qui ont des toilettes à séparation voient leurs urines collectées par des agriculteurs qui l’utilisent ensuite comme engrais. La matière solide est soit évacuée, soit compostée. D’autres villes de Suède sont actuellement en train d’étudier une réglementation similaire.

Les toilettes sèches c’est quoi ? Le principe est simple. Une toilette sèche se différencie d’une toilette à chasse d’eau par le simple fait qu’elle n’utilise pas d’eau. A la place, on recouvre les déjections d’une litière sèche généralement carbonée. Tout ce qui est disponible localement convient : sciure de bois, copeaux, paille ou foin séché et broyé, chanvre en paillettes, balle d’avoine… On les appelle aussi toilettes à compost car on valorise ensuite le potentiel fertilisant des urines et des matières fécales. La présence d’une base carbonée comme la sciure évite le développement d’odeurs désagréables. Certains esprits inventifs vont même jusqu’à connecter la prise d’air de leur VMC sur le réceptacle de la toilette sèche, assurant ainsi l’assèchement partiel des matières et permettant de diminuer le nombre de manipulations pour évacuer le mélange fèces + copeaux.

Une chasse d’eau consomme de 1.5 l (cas rare mode économique sur toilette très économique) à 12 l pour une chasse d’eau "normale" d’une toilette "gaspi".

Un minimum de 8 m3 d’eau par an et par habitant dans nos toilettes. En prenant pour hypothèse raisonnable trois chasses d’eau par jour (2 chasses d’eau de 6 l correspondant à la chasse d’eau "économique" d’une toilette normale et une chasse d’eau de 10 l) et par habitant, la généralisation des toilettes sèches permettrait une économie de 22 litres d’eau par jour et par habitant soit 8 m3 d’eau par an par habitant, (32 m3 pour une famille de 4 personnes).

Outre que les toilettes sèches permettent de diminuer de manière importante la consommation d’eau, en diminuant les rejets vers les stations d’épuration, les toilettes sèches permettent d’améliorer la qualité d’épuration des eaux (moins de matière organique dans les eaux à épurer = meilleure qualité des eaux épurées). Dans l’idéal, seules les eaux grises devraient être traitées en station d’épuration à défaut d’un traitement individuel. Et la production de compost chez les particuliers disposant d’un jardin diminuerait l’utilisation des engrais, tout en amendant les sols.

Actuellement les toilettes sèches concernent environ 1500 foyers en France, à comparer aux 30 millions d’habitations, il nous reste une marge de progression importante et si, faute d’eau en quantité suffisante, 80% des toilettes sont sèches dans le monde, certains pays ‘développés’ (riches) sont nettement en avance sur nous. En Suède, la commune de Tanum (12000 habitants) a interdit depuis Janvier 2002 l’installation de toilettes classiques dans la commune pour les nouvelles constructions et les rénovations. Depuis 3 ans, des centaines de maisons sont équipées de ces nouveaux WC respectueux de l’environnement, ainsi que la bibliothèque municipale et le lycée local. D’autres villes de Suède sont actuellement en train d’étudier une règlementation similaire. A noter que le premier congrès sur les toilettes sèches s’est tenu en 2003 à Stockholm, la capitale suédoise.

De plus, il est parfaitement possible de coupler les toilettes sèches avec le lombricompostage, les lombrics assurant un compostage rapide (quelques semaines) et une neutralisation des éléments pathogènes. Les streptocoques et staphylocoques passant par le système digestif d’un lombric sont éliminés. L’utilisation du compost sans phase exothermique (la réaction de production de chaleur que l’on retrouve dans les tas de fumier ou dans les tas de tontes d’herbe et qui permet une pasteurisation du compost avec élimination des germes) est alors possible.

Cas particulier des toilettes sèches en France

Les toilettes sèches enfin légales !
Petit extrait du journal officiel du 9 octobre 2009

Par dérogation à l’article 3, les toilettes dites sèches (sans apport d’eau de dilution ou de transport) sont autorisées, à la condition qu’elles ne génèrent aucune nuisance pour le voisinage ni rejet liquide en dehors de la parcelle, ni pollution des eaux superficielles ou souterraines.

Les toilettes sèches sont mises en œuvre :

  • soit pour traiter en commun les urines et les fèces. Dans ce cas, ils sont mélangés à un matériau organique pour produire un compost ;
  • soit pour traiter les fèces par séchage. Dans ce cas, les urines doivent rejoindre la filière de traitement prévue pour les eaux ménagères, conforme aux dispositions des articles 6 et 7.

Les toilettes sèches sont composées d’une cuve étanche recevant les fèces ou les urines.
La cuve est régulièrement vidée sur une aire étanche conçue de façon
à éviter tout écoulement et à l’abri des intempéries.
Les sous-produits issus de l’utilisation de toilettes sèches doivent être valorisés
sur la parcelle et ne générer aucune nuisance pour le voisinage, ni pollution.

Sciures de bois

Toilette séche

Ustensiles en acier inoxydable

Composteur


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