La Communication Non Violente (CNV)

Point de vue de Marshall Rosenberg

Pour Marshall Rosenberg, le but de la CNV est de «favoriser une qualité de relations qui va permettre de répondre aux besoins des uns et des autres en étant uniquement motivé par l’élan du cœur et la joie de le faire.»

En avant propos d’un livre de Marshall Rosenberg, intitulé Spiritualité pratique, les bases spirituelles de la Communication NonViolente, il est précisé qu’à chaque fois qu’il «parle de croyances profondément ancrées en nous, comme la spiritualité, notre conception de Dieu ou notre vision de l’amour, deux constats sont récurrents : d’une part, ce qui nous apporte notre plus grande joie, c’est de nous relier à la vie en contribuant à notre propre bien-être et à celui des autres ; d’autres part, la spiritualité et l’amour se manifestent davantage dans nos actes que dans nos sentiments.»

Pour Marshall Rosenberg, « la spiritualité est à la base de la Communication NonViolente ». Il explique dans un document mis en ligne par le Centre pour la CNV, appelé «Bases spirituelles de la Communication NonViolente », que la CNV est née de sa « tentative de devenir conscient de ce qu’est l’Énergie Divine Bien-Aimée et de la façon de se mettre en lien avec elle».

« Il est important de voir que la spiritualité est au coeur de la CNV, et de garder cela à l’esprit quand on apprend les étapes du processus. L’art de vivre que j’essaie d’enseigner est véritablement une pratique spirituelle. »

C’est après des cours accélérés en religions comparées qu’il dit percevoir l’importance de la notion d’amour, laquelle répond pour lui à la question : « que sommes-nous et quelle est la signification de notre existence ? », cette question ne trouvant pas, à son sens, de réponse dans la psychologie clinique. La Communication NonViolente est pour Marshall Rosenberg le moyen de faire don de son amour, d’échanger ses « énergies divines » avec l’autre, cette interaction étant la forme la plus proche d’une connexion à Dieu.

« Ainsi la Communication NonViolente m’aide à rester en lien avec cette magnifique Énergie Divine à l’intérieur de moi et à me mettre en lien avec elle dans les autres. Et c’est certainement quand je fais le lien entre cette Énergie Divine en moi et l’Énergie Divine dans les autres qu’il se passe ce qui est, à ma connaissance, le plus proche de ce que c’est qu’être relié à Dieu. […]

Pour moi, si nous sommes en lien avec le Divin dans les autres et en nous-mêmes, nous allons nous réjouir de ce qui se passe, c’est cela la base spirituelle. »

Pour Rosenberg, l’absence de connexion avec l’« énergie divine » est la cause de la violence dans le monde. Il affirme que notre éducation et notre conditionnement culturel, notamment au sujet de Dieu, nous ont déconnectés de Dieu. Il reprend les propos de Walter Wink, disant que le politique (King) a utilisé le religieux (Bishop) pour interpréter les livres saints et justifier l’oppression et la domination. Selon lui, la Communication NonViolente permet de surmonter ce conditionnement de notre éducation.

La communication non violente

Par Stéphane Richard, travailleur social

Comme travailleur social en milieu scolaire, j’ai souvent reçu des jeunes et aussi des parents en difficulté de communication. Laisse-moi te présenter ici un outil très utile pour créer ou encore conserver un espace de dialogue entre toi et tes amis ou entre toi et tes parents. Cet outil a été développé par Marshall B. Rosenberg1.

La communication non violente (CNV) et ses quatre étapes

  • Observation

    Tu observes, dans le calme ce qui, dans les paroles ou les gestes d’autrui, te rend mal à l’aise ou si c’est le cas, te rend confortable. L’important est de parvenir à nommer les faits, c’est-à-dire les gestes ou paroles observées sans y mêler de jugement ou d’évaluation. Dans cette première étape, n’écrase pas l’autre par ton évaluation ou ton jugement, pour garder un espace ouvert et non violent.

    • Exemple d’un fait observé et à nommer à cette étape : ton père entre dans ta chambre sans frapper à la porte.
  • Sentiments

    Tu t’interroges sur ce que tu ressens : es-tu triste, joyeux, inquiet, amusé, fâché? Puis lorsque tu es prêt, tu le dis simplement à l’autre.

    • Exemple : lorsque tu entres dans ma chambre sans cogner, ça me fâche.
  • Besoins

    Il te faut maintenant identifier et puis exprimer le besoin à l’origine de ton sentiment. La plupart du temps, lorsque tu éprouves un sentiment fort comme la colère ou la tristesse, c’est le signe que tu as un besoin non satisfait. C’est souvent l’étape la plus difficile mais indispensable.

    • Reprenons l’exemple précédent : lorsque tu entres dans ma chambre sans cogner, ça me fâche, car je ne me sens pas respecté dans mon besoin d’intimité (3e étape).
  • Demandes

    Dans cette dernière étape, ta tâche est de faire une demande précise, concrète et le plus possible, réaliste (mesurable et vérifiable dans le temps). Il faut que tu dises à l’autre ce que tu désires pour que ta vie soit plus agréable. Il est très important de ne pas provoquer l’autre dans la demande en question. Quand je dis « provoquer », je veux signifier ici d’utiliser le sarcasme ou les sous-entendus pour exposer ta demande. Il te faut être clair et aller droit au but.

    • Reprenons l’exemple précédent : lorsque tu entres dans ma chambre sans cogner, ça me fâche, car je ne me sens pas respecté dans mon besoin d’intimité. Ma demande est que tu cognes à ma porte avant d’entrer. Si tu préfères, je pourrais barrer ma porte lorsque je suis dans un besoin d’intimité et là, si jamais tu oublies, ça pourrait t’indiquer mon besoin. Alors, qu’en penses-tu (4eétape)?

Deux attitudes sont de première importance dans la communication non violente : la sincérité lorsque tu t’exprimes et aussi l’écoute de l’autre pour déceler dans ses propos les quatre dimensions : observation, sentiments, besoins, demandes.1

Pour résumer la communication non violente :

  • je dis ce que j’observe, ressens et désire ainsi que ce que je demande pour mon mieux-être;
  • j’entends ce que tu observes, ressens et désires ainsi que ce que tu demandes pour ton mieux-être.

C’est tout un défi la communication non violente. Il se peut qu’au début, tout comme les premières fois où l’on conduit une automobile, on éprouve des difficultés d’adaptation, d’aisance avec cette nouvelle façon de communiquer. Ne te décourages pas, car plusieurs jeunes comme toi qui se sont exercés à la CNV (communication non violente) ont vu leurs relations avec leurs parents et amis se transformer de façon durable. Quelqu’un me disait qu’il avait compris, en pratiquant la CNV, que ce n’est pas ce qui arrive qui détermine notre vie, mais bien ce que nous choisissons de faire avec ce qui arrive.

Bibliographie

  1. Marshall B. RosenbergLes mots sont des fenêtres (ou des murs), introduction à la communication non violente, éditions Jouvence, traduit de l’américain par Annette Cesotti et Christiane Secretan, 1999, 235 pages.
  2. Thomas D’ansembourg, Cessez d’être gentil soyez vrai!, les Éditions de l’Homme, Québec, 2001, 249 pages.
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