Je ne sais pas dire non, ni m’affirmer

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Travailler l’assertivité sans blesser et sans irriter l’autre

1 déc. 2009 Emilie Pécheul

Je ne sais rien refuser, je ne sais pas m’imposer… les « bonnes poires »ne disent jamais non, mais à être trop bon… comment apprendre à s’affirmer ? Méthode simple

Dans nos sociétés, malheureusement, dire « non », c’est bien souvent sous-entendre « je ne t’aime pas ». C’est un raccourci malheureux qui piège de nombreuses personnes. Faites-vous partie de ces personnes qui ne parviennent jamais à dire non ?

La valeur positive du « non »
Dire « non » quand on pense « non », c’est une simple marque de respect, respect de soi, respect de l’autre. Manipulation, séduction, agressivité, domination, autant de comportements qui exercent des pressions sur la possibilité que nous avons de dire « non ». Mais chez une personne trop serviable, le non a une autre valeur : c’est une monnaie d’échange affective. Ces personnes sont intimement persuadées que si elles disent « non », elles risquent la rupture de la relation. Et elles sont prêtes à maintenir la relation avec l’autre à tout prix…

Le prix réel de l’incapacité à dire « non » : cela coute cher
Soyons honnête : lorsque nous disons « oui » tout en pensant « non » intérieurement, au bout de combien de temps les récriminations internes surgissent en nous ? Que ce « oui » nous ait été extorqué par la force, la séduction, la crainte, en général, très rapidement, le ressentiment et la colère surgissent en nous.

Or ce ressentiment peut se retourner sur nous-mêmes par des comportements auto-destructeurs (auto-sabotage, boulimie, détérioration de l’estime de soi, auto-accusations, renforcement des comportements victimaires et sentiment de se faire exploiter alors que l’on permet à l’autre de nous exploiter…) ou se retourner contre d’autres personnes en dehors de la relation malsaine qui ne nous a pas permis de poser un « non » : le résultat est toujours négatif, pour nous et pour les autres.

Quelles sont nos peurs : qu’est-ce que je risque vraiment si je dis « non » ?
Pour dénouer ce jeu malsain qui nous empêche de dire « non », nous pouvons analyser nos peurs et nos croyances à ce sujet. De quoi avons-nous vraiment peur, que peut-il se passer si nous disons « non » ? Peur du conflit ? Peur de blesser ? Peur de ne plus être aimé ? Peur de révéler une faiblesse ? Peur de perdre l’autre ? Peur de se retrouver seul ? Peur d’être jugé « méchant » ? Nous voyons que ces peurs peuvent être profondément enracinées et toucher à l’identité même.

Savoir poser des limites dans la relation à l’autre
N’oublions pas un principe de base : le « non » ne porte pas sur la personne, mais sur sa demande ! Mais justement : poser des limites, c’est respecter son identité et aider l’autre à respecter mon identité (et la sienne !) S’autoriser à dire non, c’est pourtant poser des limites qui sont nécessaires à la relation. De quoi avons-nous besoin pour nous autoriser à dire «non » ? La plupart de nos craintes ne se réalisent jamais… et les personnes qui essaient de dire « non » sont souvent surprises de constater que leurs pires scénarios ne se réalisent pas ! Prendre le risque de dire un vrai « non », c’est aussi se donner la possibilité de dire oui. Et c’est finalement très bénéfique pour la relation à nous-mêmes et pour la relation à l’autre.